lundi, juillet 24, 2006

Réseau éducation sans frontières

Adresse postale :
C/o EDMP 8 Impasse Crozatier 75012 Paris -
Contact sur ce dossier :
Richard Moyon 06 12 17 63 8124 juillet 2006
RESF :
BILAN D’ETAPE AU 24 JUILLET 2006
Le Réseau éducation sans frontières publie son bilan d’étape le 24 juillet 2006, date à laquelle le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de l’aménagement du territoire, ministre de la Chasse à l’enfant et au jeune majeur a annoncé le sien.Tirant un bilan sommaire de ses deux années d’existence, le RESF se félicite d’avoir contribué à maintenir en France, dans un pays dont personne ne doute qu’il sera un jour le leur, probablement plusieurs centaines de jeunes, d’adultes et de familles. Parmi les cas les plus emblématiques, signalons celui de Barbe Makombo et de ses enfants Rachel, Jonathan, Grace et Naomie qui devraient être régularisés dans les semaines à venir malgré l’évidente mauvaise volonté préfectorale ; celui de la famille Mekhelleche à Pantin, celui de la famille Kernouf, à Romainville, celui de la famille Palaba de Chaumont, régularisée la semaine dernière. Celui de la maman de Patimat, en cours de régularisation après avoir été cachée pendant des semaines à Brest. Une victoire d’autant plus importante qu’il s’agit d’un cas dit « Dublin », explicitement exclu de la circulaire du 13 juin. Signalons enfin, parce que c’est le plus récent, le cas à Cholet de cette jeune mère d’un bébé de cinq mois, placée en rétention alors qu’elle allaitait son enfant. Un sevrage à la hache, façon Sarkozy. Les interventions du réseau, à Cholet d’abord, nationalement ensuite ont permis qu’elle soit libérée puis que son APRF soit cassé.Rappelons que l’action du Réseau et celle de tous les collectifs qui ont participé aux actions ont permis, non seulement d’aider à la régularisation de centaines de jeunes lycéens devenus majeurs, mais aussi d’empêcher toute expulsion de jeunes scolarisés du 31 octobre à la fin de l’année scolaire. De la même façon elles ont considérablement limité le nombre de parents d’enfants scolarisés expulsés. Depuis la fin de l’année scolaire et bien que la circulaire du 13 juin exclut les jeunes majeurs de son champ d’application, le ministère n’a réussi à expulser que deux jeunes majeurs lycéens : Abdallah il y a 10 jours, Aminata la semaine dernière. Ce sont, à l’évidence deux cas de trop. Mais le ministre de l’Intérieur a dû payer ces expulsions du prix de la mobilisation de dizaines de policiers pendant des jours et d’une médiatisation sans précédent de ses exploits cynégétiques.Pourtant, au-delà de ces faits, suffisamment nouveaux depuis plusieurs années pour mériter d’être signalés, l’événement le plus important provoqué par l’action des collectifs de sans papiers et le RESF nous semble être l’évolution d’une part de l’opinion sur la question de l’immigration et des sans papiers. La médiatisation des affaires des enfants et des parents sans papiers a été un cinglant démenti aux insinuations des ministres de l’intérieur successifs qui n’avaient de cesse de charger l’immigration de tous les péchés. Brutalement, le sans papier prenait le visage de l’élève de sa classe, du copain de ses enfants, de la maman qu’on côtoie tous les jours à la sortie de l’école. La multiplication des affaires, les centaines d’écoles concernées, les dizaines de visages vus à la télévision ont fait bouger les regards et la conscience d’une fraction de la population. Sur les familles, bien sûr. Mais aussi, plus largement sur l’ensemble des sans papiers. En prenant appui sur la situation des familles, le RESF a fait avancer la cause de tous les sans papiers. Les quelque deux cent mille signatures recueillies par les pétitions UCIJ et RESF, les actions concertées conduites avec des syndicats aériens, l’engagement de personnalités, les prises de positions de personnalités politiques qu’on avait connues plus frileuses sur la question, les sondages et, pour finir, les reculs quand même imposés à Monsieur Sarkozy disent que les choses sont en train de changer. Nous sommes fiers d’y avoir contribué et nous continueronsPour le reste, pas grand chose à attendre de la garden party des préfets place Beauvau. Ce devait être, à l’origine, une harmonisation des conditions d’application de la circulaire du 13 juin. Il serait temps, s’agissant d’un texte paru il y a cinq semaines et censé perdre sa validité dans trois semaines !Il est probable que les dossiers déposés par des familles sans papiers se comptent en dizaines de milliers. Des dizaines de milliers de familles répondent aux conditions posées par la circulaire : un enfant né en France ou entré avant l’âge de 13 ans et scolarisé depuis un an au moins, elles doivent être régularisées sans pinailler. Nous attendons du ministre qu’il demande aux préfets de comprendre un texte simple et de l’appliquer sans chercher midi à 14 heures même si la crainte qu’il éprouve de se faire gronder par M. Le Pen le conduira probablement à la jouer tout petit bras et à annoncer des chiffres minorés.Concernant les catégories de sans papiers non mentionnées par la circulaire ou explicitement exclues de son champ d’application, le RESF continuera à mettre la réalité de leur situation en lumière et à appeler la population à ses solidariser de toutes les catégories de sans papiers. Nous nous sommes rendus par deux fois à Roissy la semaine dernière pour tenter d’empêcher l’expulsion de jeunes majeurs. Aminata a été expulsée mais les deux lycéens chinois de Paris sont sortis de rétention (même si ce n’est pas gagné !), tout comme Ali le lycéen de Montpellier et d’autres. La maman de Patimat qui devait être réadmise en Allemagne –accords de Dublin (puis au Daghestan) sera espérons-nous régularisée tout comme la famille Sabirov (de Dôle) que le RESF a contribué à faire sortir du centre de rétention de Lyon St-Exupéry.Ce bilan d’étape est, par définition, lacunaire. La bataille est en cours. A ce jour, la chasse à l’enfant longtemps promise par le ministre de l’Intérieur n’a pas pu s’ouvrir, même si rien n’est acquis pour les familles qui seront refusés et les jeunes majeurs. Mais le ministère de l’Intérieur sait maintenant qu’il aura à surmonter à chaque fois la colère et la détermination des enseignants, des parents, des élus, des citoyens, même au cœur de l’été. Soit dit en passant, les policiers et leurs syndicats, les personnels des préfectures et les préfets eux-mêmes peuvent être reconnaissants aux enseignants, aux parents et aux militants qui leur ont évité de passer leur été à pratiquer la traque des familles.Quoi qu’il en soit, on continue.

dimanche, juillet 23, 2006

La Russie Rusia Russia

LEFNATSA ABDELLAH lefnatsa2000@yahoo.fr
BIT en ligne – No. 43 – Jeudi 20 juillet 2006


La Russie
a besoin de travailleurs migrants pour soutenir la croissance économique


Depuis le début des années quatre-vingt-dix, la Fédération de Russie est le premier pays d’accueil, d’origine et de transit pour les travailleurs migrants en Europe orientale et en Asie centrale. Il faudra au pays entre 800 000 et 1,5 million de travailleurs migrants par an pour contrebalancer la diminution de sa main-d’œuvre et pour maintenir la croissance économique. Les pays pauvres de la région pourraient résoudre le problème en envoyant leur surplus de main-d’œuvre en Russie pour autant que le gouvernement adapte la réglementation et les conditions de travail applicables aux migrants.

MOSCOU, Fédération de Russie (BIT en ligne) – «Jusqu’à 90 pour cent de nos chauffeurs viennent des pays voisins», déclare Nikolay Novikov, cadre à Autoline, le plus important réseau de transport par minibus à Moscou. «Les chauffeurs russes n’accepteraient pas cet emploi, trop pénible et trop peu rémunéré pour eux.»

La montée du chômage et les bas salaires incitent une proportion grandissante de la main-d’œuvre en surnombre des pays voisins de la Russie à chercher un emploi à Moscou, à Saint-Pétersbourg ou dans d’autres villes de Russie. A titre d’exemple, le salaire mensuel moyen au Tadjikistan est de 13 dollars E.-U., contre 200 dollars dans la Fédération de Russie.

Dans des pays tels que le Tadjikistan et la République de Moldova, un ménage sur trois au moins compte, en Russie, un émigré qui envoie dans son pays un montant moyen de 100 dollars E.-U. par mois. La migration est donc aussi nécessaire qu’inévitable pour les pays de la région.

Sur le front de la demande, la Russie est confrontée à un défi démographique et économique vu la diminution de sa population active. Les gains croissants de la productivité ne compensent pas la perte de centaines de milliers de travailleurs chaque année. Le pays se heurte à une pénurie d’ouvriers spécialisés – chauffeurs, travailleurs dans le bâtiment, l’agriculture et autres secteurs d’activité. Ces professions étant relativement peu rémunérées et ne suscitant donc guère l’intérêt des Russes, les émigrés n’entrent pas en concurrence avec les travailleurs russes sur le marché du travail.

Or la législation russe actuellement en vigueur place les travailleurs migrants en position difficile. En vertu de la loi sur le statut juridique des citoyens étrangers, ceux-ci sont tenus, par exemple, dans les trois jours qui suivent leur arrivée, de déclarer leur présence sur le lieu de leur séjour temporaire. Mais, ces mêmes travailleurs migrants sont dans l’impossibilité de trouver un logement bon marché et de s’inscrire dans un délai aussi court.

Qui plus est, les travailleurs migrants ne sont pas autorisés à séjourner plus d’un an dans le pays. C’est pourquoi de nombreux migrants en sont réduits à séjourner illégalement dans le pays. Ils travaillent pour des employeurs qui ne demandent pas de permis de résidence, et certains finissent par travailler dans des conditions proches de l’esclavage. Selon le Service fédéral des migrations, on compte en Russie 500 000 travailleurs migrants légaux et entre 5 et 15 millions de sans-papiers qui représentent 5 à 7 pour cent de la population active.

Depuis 2005, la question des migrations est devenue une priorité. Le président Poutine et le Conseil national de sécurité ont abordé le problème, et les ministres concernés ont été invités à élaborer une politique nationale en matière de migrations de main-d’œuvre. En parallèle, des travaux sont en cours pour amender la législation, et en particulier la loi précitée sur le statut juridique des citoyens étrangers.

En outre, la Commission nationale tripartite, composée de représentants du gouvernement, des employeurs et des syndicats, a approuvé l’idée d’une amnistie des travailleurs migrants en situation irrégulière. En 2005, le Service fédéral des migrations a organisé une dite «mini-amnistie» en faveur des migrants employés dans neuf régions pilotes de Russie. C’est ainsi que le séjour sur territoire russe de 7 000 travailleurs migrants a été légalisé.

«L’expérience a été une réussite», a déclaré Natalia Vlasova du Département des migrations de main-d’œuvre du Service fédéral des migrations. «Après analyse approfondie, le Service fédéral des migrations présentera des propositions appropriées au gouvernement.»

Selon Mme Vlasova, «le recours à la main-d’œuvre étrangère a une incidence positive sur le développement économique et social de la Russie. Les travailleurs étrangers créent une partie de notre produit intérieur brut; ils assurent la compétitivité de plusieurs entreprises russes et ils prêtent leurs services à un prix abordable pour les catégories de la population à faible revenu».

L’OIT suit avec grand intérêt et avec satisfaction les faits nouveaux et les initiatives récentes relatives aux migrations de main-d’œuvre dans la Fédération de Russie. «Nous collaborons étroitement avec le ministère de la Santé et du Développement social, avec les employeurs et les travailleurs, en mettant en commun l’expérience et l’expertise de l’OIT dans ce domaine. La force particulière de l’OIT réside dans son approche tripartite qui lui permet de relever ce défi si complexe et si important que sont les migrations de main-d’œuvre», déclare Werner Konrad Blenk, Directeur du bureau sous-régional de l’OIT à Moscou.
ILO Online - No. 43 - Thursday 20 July 2006


Russia
needs migrant workers to support economic growth

Since the early 1990s, the Russian Federation has been the biggest receiving, sending and transit country for migrant workers in Eastern Europe and Central Asia. The country will need between 800,000 and 1.5 million migrant workers each year to compensate for its shrinking labour force and maintain economic growth. Poorer countries in the neighbourhood could solve the problem by sending their excess labour to Russia if the government adapts regulations and working conditions for migrants to the new situation.

MOSCOW, Russian Federation (ILO Online) – “Up to 90 per cent of our drivers are from the neighbouring countries”, says Nikolay Novikov, a manager at Autoline, the biggest minibus transport network in Moscow. “Russian drivers would not accept this job, it is too hard and low-paid for them.”

High unemployment and low wages push an increasing number of the excess labour force in Russia’s neighbouring countries to look for a job in Moscow, St. Petersburg or other Russian cities. The average monthly salary in Tajikistan, for example, is US$13 compared to US$200 in the Russian Federation.

At least one out of three households in countries like Tajikistan and Moldova count a migrant worker in Russia sending home an average of US$100 per month. Migration therefore is both necessary and inevitable for countries of the region.

On the demand side, Russia is facing a demographic and economic challenge with its decreasing economically active population. Increases in labour productivity cannot make up for the loss of hundreds of thousands of workers each year. The country is facing shortages of semi-qualified workers – drivers, construction and agricultural and other categories of workers. As these professions are relatively low-paid and therefore not popular among Russians, migrants are not competing with Russian workers on the labour market.

The current Russian legislation, however, puts migrants in a difficult situation. According to the Law on the Legal Status of Foreign Citizens, for instance, foreigners are obliged within three days upon arrival to register at the place of their temporary stay. Furthermore, it is quite impossible for migrant workers to find cheap accommodation and get registered within such a short deadline.

What’s more, migrant workers are not allowed to stay longer than one year in the country. As a result many migrants choose to stay in the country illegally. They work for employers who do not ask for a residence permit, and some of them end up in slave-like conditions of work. According to the Federal Migration Service (FMS), there are around 500,000 legal migrants and between five and 15 million undocumented migrants in Russia representing between five and seven per cent of the economically active population.

Since 2005 the migration issue is high on the political agenda of the country. President Putin and the National Security Council addressed the issue and the ministries concerned were asked to develop a national migration policy concept. In parallel, work is underway to amend legislation, particularly the above mentioned Law on the Legal Status of Foreign Citizens.

Furthermore, the National Tripartite Commission, including government, employer and trade union representatives, approved the idea of an amnesty for undocumented migrant workers. In 2005, the FMS organized a so-called “mini-amnesty” for migrant workers in nine pilot regions of Russia. As a result, some 7,000 migrants received a legal status for their stay on Russian territory.

“The experiment proved to be successful”, says Natalia Vlasova from the labour migration department of the FMS. “After a thorough analysis, the FMS will submit the appropriate proposals to the government.”

According to Ms Vlasova, “the use of foreign labour has a positive impact on the social and economic development of Russia. Foreign workers create part of our gross domestic product; they ensure competitiveness of a number of Russian enterprises; and their services are affordable for the lower income categories of the population”.

The ILO follows developments and recent initiatives related to labour migration in the Russian Federation with much interest and satisfaction. “We work closely with the Ministry of Health and Social Development, with employers and workers, sharing the ILO’s vast experience and expertise in this area. The ILO’s particular strength is its tripartite approach to addressing such a complicated and challenging issue as labour migration”, says Werner Konrad Blenk, Director of the ILO Subregional Office in Moscow.



OIT EnLínea - No. 43 - Jueves 20 de julio de 2006


Rusia
necesita trabajadores migrantes para apoyar el crecimiento económico


Desde principios del decenio de 1990, la Federación de Rusia ha sido el mayor país de inmigración, de emigración y de tránsito de trabajadores migrantes en Europa oriental y en Asia Central. El país necesitará cada año entre 800.000 y 1.500.000 trabajadores migrantes para compensar la reducción de su fuerza de trabajo y mantener el crecimiento económico. Los países vecinos más pobres podrían resolver el problema enviando su excedente laboral a Rusia si el gobierno adapta la reglamentación y las condiciones de trabajo de los migrantes a la nueva situación.

MOSCú, Federación de Rusia (OIT EnLínea) – “El noventa por ciento de nuestros conductores proceden de países vecinos”, dice NiKolay Novikov, uno de los directores de Autoline, la mayor red de transporte en minibús de Moscú. “Los conductores rusos no aceptarían este trabajo porque es demasiado duro y está mal remunerado.”

El alto nivel de desempleo y los bajos salarios obligan a un número creciente de trabajadores de países vecinos de Rusia a buscar un empleo en Moscú, San Petesburgo u otras ciudades rusas. El salario mensual medio en Tayikistán, por ejemplo, es de trece dólares de los Estados Unidos frente a dos cientos dólares en la Federación de Rusia.

Al menos uno de cada tres hogares en países como Tayikistán y Moldova cuentan con un trabajador migrante en Rusia que envía a casa un promedio de cien dólares de los Estados Unidos al mes. La migración es, pues, necesaria e inevitable para los países de la región.

Por el lado de la demanda, Rusia tiene que hacer frente a problemas demográficos y económicos que resultan de una disminución de la población económicamente activa. El aumento de la productividad laboral no puede suplir la pérdida de cientos de miles de trabajadores cada año. El país está afrontando un déficit de trabajadores semicalificados (conductores, trabajadores de la construcción y la agricultura y otras categorías de trabajadores). Dado que estas profesiones están relativamente poco remuneradas y, por consiguiente, no gozan de la estima de la población rusa, los migrantes no están compitiendo con los trabajadores rusos en el mercado de trabajo.

Sin embargo, la actual legislación rusa coloca a los migrantes en una difícil situación. De conformidad con la Ley sobre la condición jurídica de los ciudadanos extranjeros, por ejemplo, los extranjeros están obligados a registrarse en el lugar en el que van a residir temporalmente en un plazo de tres días contado a partir de la fecha de su llegada. Además, es prácticamente imposible que los trabajadores migrantes puedan encontrar un alojamiento barato y registrarse en un plazo tan corto.

Más aún, los trabajadores migrantes no pueden permanecer más de un año en el país; de ahí que muchos migrantes decidan quedarse ilegalmente. Trabajan para empleadores que no les exigen un permiso de residencia, y algunos de ellos terminan trabajando en condiciones equiparables a la esclavitud. Según el Servicio Federal de Migración, en Rusia hay unos 500.000 migrantes legales y entre 5.000.000 y 15.000.000 de migrantes en situación irregular que representan entre el cinco y el siete por ciento de la población económicamente activa.

Desde 2005, la migración es una de las cuestiones prioritarias del programa político del país. El Presidente Putin y el Consejo Nacional de Seguridad abordaron la cuestión y se pidió a los ministros competentes que definieran un concepto político de migración nacional. Paralelamente, se está tratando de modificar la legislación, en particular la Ley sobre la condición jurídica de los ciudadanos extranjeros mencionada anteriormente.

Además, la Comisión Tripartita Nacional, que está integrada por representantes del gobierno, de los empleadores y de los trabajadores, aprobó la idea de una amnistía para los trabajadores migrantes en situación irregular. En 2005, el Servicio Federal de Migración organizó una “mini amnistía” para los trabajadores migrantes en nueve regiones piloto de Rusia. Como resultado, se regularizó la situación de 7.000 trabajadores migrantes en el territorio ruso.

“El experimento resultó ser satisfactorio”, dice Natalia Vlasova del departamento de migraciones laborales del Servicio Federal de Migración. “Tras un análisis profundo, el Servicio Federal de Migración someterá al gobierno las propuestas pertinentes.”

Según la Sra. Vlasova, “el recurso a mano de obra extranjera tiene una incidencia positiva en el desarrollo social y económico de Rusia. Los trabajadores extranjeros generan parte de nuestro producto interno bruto; garantizan la competitividad de algunas empresas rusas; y sus servicios son asequibles para las categorías de la población de ingresos más bajos”.

La OIT sigue con mucho interés y satisfacción la evolución de la migración laboral y las iniciativas recientes al respecto en la Federación de Rusia. “Trabajamos estrechamente con el Ministerio de Salud y Desarrollo Social, con los empleadores y trabajadores, aportando la vasta experiencia y conocimientos técnicos que tiene la OIT en este ámbito. La fuerza de la OIT reside en particular en su enfoque tripartito para tratar un tema tan complejo y problemático como el de la migración laboral”, dice Werner Konrad Blenk, Director de la Oficina Subregional de la OIT en Moscú.

Unité Pionnière de Développement Durable

LEFNATSA ABDELLAH <lefnatsa2000@yahoo.fr>
Royer Lucien <royer@tuac.org>


Les syndicats lancent une Unité Pionnière de Développement Durable






Paris, Jeudi 20 Juillet, 2006
Une nouvelle Unité Syndicale sur le Développement Durable a été lancée par la Confédération Internationale des Syndicats Libres (CISL), le Réseau de Recherche des Global Unions (GURN) , Sustainlabour et le Comité Syndical Consultatif auprès de l'OCDE (TUAC).



Le site Internet de l'Unité met à disposition les profils 'pays par pays' sur un large spectre des sujets du développement durable : énergie, changement climatique, santé et sécurité occupationnelle, le 28 Avril « Journée Internationale de Commémoration des travailleurs morts et blessées », l'amiante, le VIH/SIDA, les droits syndicaux, ainsi que la responsabilité et la transparence des entreprises.



Le site Internet est disponible en anglais, français et espagnol sur:
http://www.tradeunionsdunit.org/profiles/



La nouvelle Unité gérera la demande croissante des maintenant bien connus 'profils syndicaux par pays' et aidera à coordonner les activités qui y sont relatives. Cependant, l'Unité voit son rôle comme principalement dans la conception et production des informations nationales comparables à l'international pour faciliter les campagnes et le lobbying syndical.



La coordinatrice de l'Unité au TUAC, Anabella Rosemberg, a dit que les profils se référent au développement de l'analyse des sujets, basé sur des groupes de données spécifiques qui sont introduits dans une base des données et maintenus par le Comité Syndical Consultatif auprès de l'OCDE (TUAC), comme information de fond pour tous les pays et des régions sélectionnées, des secteurs industriels et des entreprises.



"Il y a tellement des groupes et des institutions qui ont fait des liens avec nos profils que ne nous sommes plus en mesure de les actualiser d'une forme cohérente", dit Rosemberg. "Désormais, en actualisant nos informations, nous actualiserons aussi les liens qui sont faits à nos profils dans des sites Internet syndicaux, des agences de Nations Unies, des institutions académiques, gouvernements ou partenaires des campagnes ".



Rosemberg affirme aussi que le but de l'Unité est d'aller plus loin que la collecte des données et la provision des informations pour l'analyse. "Nous sommes déjà en train de produire des formats d'information stratégiques, basés sur des objectifs de campagnes, pour rendre compte des progrès sur des sujets déterminés, spécialement en ce qui concerne les changements dans les lieux de travail et les communautés du monde". Elle dit aussi que l'Unité a déjà produit des rapports d'information spéciaux sur le 28 Avril et les campagnes sur l'amiante et le VIH/SIDA. "L'année prochaine nous espérons produire le premier "guide de campagne" avec une coalition de partenaires sur l'énergie et le changement climatique".



Secrétaire Général du TUAC John Evans a exprimé son soutien pour l'Unité. Malgré le fait que l'Unité existe plus de manière virtuelle que physique, TUAC est devenu son foyer. Evans dit que ceci n'est pas étonnant, puisqu'il y a des forts liens entre le travail de l'unité et celui du suivi des politiques de l'OCDE et le G8 dan un large spectre de sujets, tels que l'environnement et le développement durable.



Lene Olsen de l'OIT-ACTRAV qui coordonne le site Internet du GURN (
http://www.gurn.info) considère que le site Internet de l'Unité offre des informations très précieuses pour les chercheurs syndicaux, les fondations et les institutes du monde entier, et qu'il sera lié au site du GURN d'une façon consistante. Elle dit aussi qu'elle espère que les profils d'entreprise de l'Unité deviendront une ressource dynamique pour les militants cherchant à s'engager dans le changement des comportements des entreprises par rapport à leur transparence ou les relations industrielles.



Président de Sustainlabour, Joaquin Nieto affirme que la fondation fait déjà une utilisation des profils pour les ateliers de capacitation et éducation en Amérique Latine et l'Afrique. Sustainlabour a aidé en proportionnant les ressources initiales pour produire les profils sur le changement climatique et autres. "Nous espérons que les profils intégreront l'analyse internationale, le processus de prise des décisions et les actions ou niveau national, régional et du lieu de travail sur le développement durable, ainsi que des objectifs et des rapports pour la protection environnemental et la promotion du développement durable".



Alexandre Gomes de Almeida de la CISL a été la personne responsable du design du site Internet, et il est la colonne vertébrale de l'Unité en ce qui concerne la gestion de l'information des profils et les conseils sur les usages du software et hardware. Il voit dans le lancement du site le premier pas dans un long processus. « Actuellement, le site existe dans ça forme la plus simple et offre aux utilisateurs les profils dont ils ont besoin ». « Cependant, nous sommes en train de penser à des développements futurs où éventuellement tous les usagers pourront créer leurs profils en choisissant leurs indicateurs, et transformant l'information en un véritable outil pour le changement social".



Rosemberg ajoute que le montant d'information utilisé dans les profils et les ressources financiers occasionnels ne permettent pas à l'Unité d'avoir un site actualisé en permanence. « Cependant, nous allons prendre les choses une à la fois, en s'assurant d'offrir des informations sures et que les gens comprennent les liens entre la disponibilité des donnés et ses implications sur leur domaine d'activité".




Pour plus d'informations, contactez:

Lucien Royer
International Confederation of Free Trade Unions (ICFTU)
Trade Union Advisory Committee to the OECD (TUAC)
15, Rue Laperouse - 75016 paris, France
Tel (331) 5537 3737 Fax 4754 9828
royer@tuac.org

Association du travail volontaire et culturel

Rachid Khay <khay@arciliguria.it>


Association du travail
volontaire et culturel



Programme des chantiers estivaux
2006

N°
Date/Période
Activité
Lieu
Partenaires
01
Du 15 au 31 Juillet 2006
- Chaulage et peinture
- Fresques et décoration
- Travaux de jardinage
- Animation culturelle et sportive de la population.
Lycée Ibn Rochd- Casablanca
-Préfecture de ben m’sik.
- délégation du ministère de l’éducation nationale.
02
Du 1er au 15 Août 2006
- Compagne de sensibilisation pour la sauvegarde de l’environnement.
- Animation des estivants.
La corniche de Casablanca
La Lyonnaise des eaux de Casablanca


Contact : Tourabi : 063 49 29 99
Amine ; 065 40 13 09

Indirizzo Centre culturel kamal zebdi -
BP 22 37 FES
Tel: 0021263 492 999 (cell)
Atvc1985@hotmail.com
Associazione del lavoro
volontario e culturale



Programma dei campi estivi
2006

N°
Data e periodo
Attività
Luogo
Partenaire
01
Dal 15 al 31 luglio 2006
- pittura
- Affreschi e decorazione
- Giardinaggio
- Animazione culturale e sportiva rivolta alla popolazione
Liceo Ibn Rochd- Casablanca
-Prefettura di ben m’sik.
- delegazione del ministero dell’educazione nazionale.
02
Dal 1er al 15 Agosto 2006
- Compagne de sensibilizzazione per la salvaguardia dell’ambiente Animazione per i frequentatore della spiagge.
La passeggiata / corniche di Casablanca
La Lyonnaise des eaux de Casablanca


Contatti: Tourabi : 0021263 49 29 99
Amine ; 0021265 40 13 09
Per informazione in Italia
contattare Rachid Khay 3495508826

mardi, juillet 18, 2006

Enseignants Chercheurs Lauréats des Universités Marocaines

zouhair mouayn mouayn@gmail.com
Enseignants Chercheurs Lauréats des Universités Marocaines
(Doctorat d'Etat, DES et Ingénieur)
Comité local DES & Equiv.
Faculté des Sciences et Techniques
Errachidia
Feuille de route
Les Enseignants Chercheurs titulaires des diplômes Marocains (Doctorat d'Etat, DES et Ingénieur) ont tenu une réunion le mercredi 05 juillet 2006 à 10h au siège du Bureau Local SNESup FST Errachidia avec ordre du jour : la mise au point d'un plan d'action à leur militance.



Après avoir discuté les différents thèmes exposés et débattuslors de laRencontre Nationale sur cette affaire tenue le 01 juillet 2006 àMarrakech,



les intervenants ont salué l'initiative des collègues qui ont appelé à cetteRencontre lors du Sit-In réussi du 24 mai 2006 à Rabat ainsi que lesefforts des collègues de Marrakech qui ont assuré l'organisation etontveillé au bon déroulement de cette Rencontre. Ils ont également salué tousles collègues des différentes villes universitaires qui, par leurparticipation, ont contribué à la réussite de cette manifestation.



En effet, la rencontre fut une occasion pour les participants de rappelerles erreurs et les injustices commises à l'égard de cette catégoried'Enseignants -Chercheurs. Il serait donc souhaitable que noscollèguesconcernés puissent organiser des rencontres et animer des débats autour de cette affaire dans les différentes universités marocaines. Unetelle activité ne fera que renforcer le mouvement à l'échelle nationale envue de reprendre nos droits.



L'université marocaine, faut il le rappeler, fut bâtie et développée, engrande partie, par des diplômés Marocains (Doctorat d'Etat, DES etIngénieur). Sachant le peu de moyens dont ils disposaient,personne nepeut, aujourd'hui, nier leurs efforts pour mettre notre université à uneplace respectable au niveau international.Paradoxalement, au lieu de mettre en valeur ces sacrifices et derécompenserles diplômés Marocains, les responsables du statut du 19 février1997 ont non seulement ignoré ces universitaires mais ont oeuvré à dévaloriserleursdiplômes nationaux. Pire encore ils se sont acharnés à lesdésavantagerparune série d'actes discriminatoires en bafouant plusieurs de leurs droitsacquis dans leurs ancien statut. Comme par exemple :



-priver en 1997 les Maîtres Assistants issus de cette catégoried'enseignants-chercheurs des 6 années d'ancienneté lors dureversement quia offert un Bonus de 6 années d'ancienneté à d'autres catégoriesdes MaîtresAssistants recrutés sous la même loi .



-priver les Maîtres Assistants de cette catégoried'Enseignants-Chercheursdu droit de s'inscrire en thèse de Doctorat d'Etat après le 20 février1997. Droit acquis dans leur ancien statut.


-limiter la période pour la soutenance de thèse d'Etat pour ceux quiont eula chance d'avoir été inscrits !


-imposer en 2001, dans le texte de l'Habilitation universitaire aux Professeurs Assistants issus de cette catégoried'enseignants-chercheursdes conditions supplémentaires en comparaison avec la catégorie desProfesseursAssistants du même cadre (PA) issus des Maîtres Assistants qui ont bénéficié du bonus des 6 ans d'ancienneté lors du reversement de1997.


Il a été aussi noté que les décisions du 8ème congrès National duSNESuptenu en avril 2004, concernant notre affaire ont été perdues de vue par leBureau National SNESup qui par manque de sérieux a pris l'habituded'ignorerle dossier revendicatif des universitaires titulaires du DES & Equiv.Ce qui constitue un manque de responsabilité envers la représentativité syndicale de toute une catégorie d'enseignants universitaires.De ce fait, il a été décidé de « compter sur soi-même » et dedemander àtous les enseignants concernés d'établir un plan d'action permettant defaire entendre la voix de ces enseignants poussés à travailler dansdes conditions humiliantes et qui sont déçus par les responsables de toutgenre.



En ce sens, et tout en restant dans le cadre de notre SNESup uni, un comité local de réflexion dont la mission est de proposer un pland'action a été constitué. Il a été aussi chargé de coordonner avec lesmilitants des autres universités marocaines sur cette affaire. Il a également comme objectif de soutenir l'action des Bureaux Régionaux SNESup dans letraitement de ce dossier avec le Bureau National SNESup.


En fin nous appelons tous les universitaires Marocains concernés àcontacter notre comité local DES & Equiv. FST Errachidia afin de coordonnercemouvement à l'échelle nationale et proposer un plan d'action pourlarentrée universitaire 2006/2007.



Nous sollicitons aussi des membres du Conseil de Coordination National SNESupqui se réunira le 16 juillet 2006 à Rabat de défendre l'affaireDES &Equiv.


Salutations militantesContact :
yelamraoui@hotmail.com

www.oulala.net

oulala.net@wanadoo.fr
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lundi, juillet 17, 2006

التحذير الثاني من مكائد الأعداء الصهاينة و حلفائهم

2006/7/17, dagdag jelloul jelloul_dag@yahoo.fr


بسم الله الرحمن الرحيم
أيها العرب و المسلمون في كل أنحاء العالم
السلام عليكم و رحمة الله و بركاته

هذا هو التحذير الثاني من مكائد الأعداء الصهاينة و حلفائهم
أبعث به إليكم، راجيا منكم أن تتأملوه جيدا، و تسبروا أغواره ببصيرة إيمانكم الصافية، ثم تبادروا إلى المساهمة العاجلة في تعميم نشره عبر الإنترنت و بكل الوسائل الممكنة

و جزاكم الله كل خير

و لينصرن الله من ينصره. إن الله لقوي عزيز

و السلام عليكم و رحمة الله و بركاته

أخوكم المخلص لكم حبا في الله: جلول دكداك- شاعر السلام الإسلامي

( أنظر الملف المرفق )
Voir FAT
Jelloul DAGDAG


Friends_of_Democracy-Decodage-JDAG=.pdf508K

samedi, juillet 15, 2006

على إيقاع الاحتجاجات الفئوية الواسعة



اختتام الموسم الدراسي 2005-2006
على إيقاع الاحتجاجات الفئوية الواسعة
والدعوة إلى إصلاح حقيقي
للمنظومة التربوية

خالد جلال


بعد أيام قليلة سوف يسدل الستار على الموسم الدراسي الحالي الذي كان استثنائيا لأسباب عدة: أولها، العملية القيصرية الفاشلة التي عرفها قطاع التربية والتكوين والمتمثلة في المغادرة الطوعية وما خلفته من انعكاسات سلبية واختلالات على كافة المستويات. ثانيا، العدد الوفير للاحتجاجات والإضرابات الوطنية الفئوية التي شهدها القطاع من جراء تراكم العديد من المطالب والملفات العالقة التي تعاملت معها الوزارة الوصية كعادتها بالتجاهل والتماطل والتسويف أحيانا أو بعقد جلسات الحوار التفاوضية الصورية دون التوصل لنتائج ملموسة أحيانا أخرى. ثالثا، تزايد الأصوات الداعية إلى الإسراع بإحداث إصلاحات حقيقية في للمنظومة التربوية وإعادة النظر في تراجعات النظام الأساسي والتراجع الفوري عن الميثاق الوطني للتربية والتكوين باعتباره الإطار الموجه للإصلاح السابق الذي تأكد فشله في أغلب جوانبه


إن المتتبع للشأن التعليمي والتربوي وجميع المتدخلين والفرقاء الاجتماعيين ببلادنا ليجدون أنفسهم مضطرين عند نهاية كل موسم دراسي بأن يقفوا وقفة نقدية وتحليلية لمختلف المحطات الأساسية التي طبعت السنة الدراسية ويتطرقوا لجميع جوانب منظومتنا التربوية بإيجابياتها وسلبياتها يحدوهم الأمل إلى تكريس نقط القوة وتجاوز مكامن القصور والضعف


لقد كانت لعملية المغادرة الطوعية بقطاع التربية والتكوين الأثر السلبي الواضح على السير العادي للدراسة خلال الموسم الدراسي الفارط إذ تم تسجيل نقص ملحوظ في صفوف الأطر التربوية والإدارية بالعديد من المؤسسات التعليمية التي شهدت ارتباكا كبيرا نتج عنه أحيانا حرمان التلاميذ لشهور من بعض المواد الدراسية وشغور نسبة كبيرة من المناصب الإدارية والتي لم يتم تعويضها طوال الموسم الدراسي الحالي. وقد لجأت الوزارة الوصية، محاولة منها لتصحيح أخطاء المغادرة الطوعية، إلى تطبيق عملية إعادة الانتشار بل وتوسيع دائرتها داخل الجهة دون الأخذ بعين الاعتبار الجوانب الاجتماعية والنفسية والمادية لنساء ورجال التعليم. ولتوفير أكبر عدد ممكن من المدرسين، لجأت الوزارة الوصية أيضا من خلال المذكرة 43 إلى تقليص حصص بعض المواد الدراسية ضمن الهندسة البداغوجية الجديدة


بالإضافة إلى ذلك، فقد شهد الموسم الدراسي الذي نودعه العديد من الاحتجاجات الفئوية والإضرابات الوطنية للعديد من الفئات التعليمية وكذا تنظيم عدد كبير من الوقفات الاحتجاجية أمام النيابات والأكاديميات وأمام مديرية الموارد البشرية ومقر وزارة التربية الوطنية كرد فعل على عدم التعاطي الإيجابي لهذه الأخيرة مع ملفات ومطالب مختلف الفئات التعليمية التي أصبحت تتكاثر وتتزايد يوما بعد يوم نتيجة تماطل الوزارة الوصية وتلكئها في فتح حوار مسؤول حول هذه الملفات المطلبية الفئوية قصد الرقي بالمورد البشري ماديا واجتماعيا باعتباره القاطرة الأساسية لكل مشروع تربوي إصلاحي يروم الرفع من مستوى نظامنا التعليمي وإعادة الاعتبار للمدرسة العمومية


كما لا يمكن أن نتجاهل المجهودات التي ما فتأت تبذلها الوزارة الوصية وخصوصا مديرية الموارد البشرية وتكوين الأطر في اتخاذ كافة الإجراءات والتدابير لتصفية العديد الهائل من الملفات التي كانت عالقة والعمل على التسوية الإدارية والمالية لهذه الملفات خصوصا تلك المتعلقة بالترقية الاستثنائية لسنوات 2000-2001-2002 والترقية بالاختيار وبالامتحان لسنوات 2003- 2004 -2005 والتسوية المادية للمتخرجين الجدد وكذا تصفية أغلب ملفات الأساتذة الملحقين سابقا. كما سجلت الأسرة التعليمية بارتياح كبير إقدام مديرية الموارد البشرية على إعلان نتائج الحركة الإدارية في وقت قياسي ونتائج الحركة
الانتقالية قبل التوقيع على محضر نهاية الموسم الدراسي، مما يؤشر على وقوع تحول ملموس وإيجابي بالمصالح المركزية المذكورة مع العلم أن معظم المرتفقين يسجلون باستياء كبير العديد من الملاحظات السلبية والانتقادات من جراء استمرار بعض الاختلالات والممارسات اللاأخلاقية بها


لكن، وبالرغم من الإعلان عن نتائج الحركة الانتقالية الوطنية يوم 9 يوليوز- يوم واحد قبل توقيع محضر الخروج- يبقى غير كاف بالنظر لتزامنه مع توقيع محضر الخروج ولارتباط نتائج الحركة الوطنية بالتحضير لإجراء حركة جهوية (بين 11 و20 يوليوز) وإصدار مذكرة منظمة لها مرفوقة بالمناصب الشاغرة التي يتم تحيينها وإشهارها للتباري في وجه المدرسين الذين لم يحالفهم الحظ في الحركة الانتقالية الوطنية. إلا أن التأخر في إعلان نتائج الحركة الانتقالية الوطنية نتج عنه عدم تمكن الأكاديميات الجهوية من إجراء الحركة الجهوية التي كان من المتوقع أن تجرى ابتداء من 11 يوليوز على أن تعطى النتائج يوم 20 من نفس الشهر حسب البرمجة الزمنية المرتبطة بهذه الحركة كما ورد في المذكرة الإطار رقم 97


أما بخصوص المعايير الجديدة للحركة الانتقالية، فقد شكلت حديث الساعة داخل أوساط الشغيلة التعليمية بحيث تحفظ عليها الأساتذة في العديد من المناطق بل ورفضتها بعض فروع الهيئات النقابية رغم مصادقة وموافقة نقاباتها المركزية عليها دون مناقشتها أو عرضها على قواعدهم لتدارسها وإبداء رأيهم فيها. وعموما، فقد تم استحضار عنصرين/هدفين اثنين باعتماد مبدأ الاستقرار بشكل رئيسي في إخراج الحركة الانتقالية في حلتها الجديدة وهما: أولا، حل مشكل الالتحاقات بالأزواج، وخصوصا بالتعليم الابتدائي حيث أعطيت نقطا تفضيلية للأطفال، لكن لم ترق نتائج الحركة الانتقالية إلى مستوى انتظارات وطموحات هذه الشريحة التعليمية التي تتوعد بخوض معارك نضالية غير مسبوقة خلال الموسم الدراسي المقبل. ثانيا، ميول الوزارة إلى التخفيض التدريجي من أعداد المشاركين في الحركة بعد استفادتهم خصوصا خارج جهتهم الأصلية بحيث يفقدون كل رصيدهم من النقط حتى ولو قضوا 20 سنة من العمل ولا تحق لهم المشاركة إلا بعد قضاء ثلاث سنوات بمنصبهم الجديد بعكس النظام القديم الذي كان يضمن للأستاذ المنتقل الحفاظ على رصيد مهم من النقط باحتساب الأقدمية العامة سواء انتقل داخل أوخارج الجهة. هذا، وتبقى نتائج الحركة الانتقالية هزيلة بالنظر للعدد الكبير للمشاركين إذ بلغت نسبة المستفيدين حوالي 7%، مع العلم أن بعض النيابات تتعمد أحيانا التستر على بعض المناصب الشاغرة بمؤسساتها التعليمية ولا تعلن عن شغورها في وجه الحركة الوطنية مما يزيد من تقلص حظوظ المشاركين في الحركة


وقد تشكل بعض الملفات العالقة التي تهم شرائح تعليمية واسعة والتي لم يتم التعاطي الإيجابي معها الدواعي الرئيسية التي ستشعل نار الحركات الاحتجاجية بقطاع التربية والتكوين. ويمكن إيجاز هذه الملفات فيما يلي


الإسراع بأجرأة اتفاق 14 دجنبر بالنسبة لأساتذة التعليم الثانوي الإعدادي


المطالبة بضرورة الرفع من النسبة المئوية للترقي بالنظر إلى هزالة الأعداد المستفيدة سنويا مما يؤدي إلى تراكم الأفواج


إعادة النظر في معايير الحركة الانتقالية الوطنية مع ضمان نزاهتها وشفافيتها


تنظيم حركة انتقالية استثائية لحل مشكل الالتخاقات بالأزواج

ضرورة فتح باب الترقي إلى الدرجة الممتازة (خارج السلم) في وجه أساتذة التعليم الابتدائي والثانوي الإعدادي إسوة بزملائهم بالثانوي التأهيلي مع تعديل النظام الأساسي لملائمته مع نظام الوظيفة العمومية حسب الرسوم الوزاري الأخير


الإسراع بتسوية ملفات العرضيين والأعوان وحاملي الدكتوراه الفرنسية والأساتذة المجازون بالتعليم الابتدائي والأساتذة الملحقون سابقا بدول الخليج والأساتذة العاملون بالوسط القروي وإخراج التعويض الخاص بهذه الفئة إلى حيز التطبيق و ملفات هيئة الإدارة التربوية وهيئة التفتيش وأطر التوجيه والتخطيط وهيئة الاقتصاد....وغير ذلك من الملفات الساخنة

بالإضافة إلى ذلك، تأكد بشكل لا يثير الشك بأن الإصلاح الجاري به العمل بقطاع التربية والتكوين في إطار الميثاق الوطني لم يحقق الأهداف المسطرة له ولم يف بانتظارات وطموحات الشعب المغربي بحيث أجمعت العديد من الأطراف المعنية بالشأن التعليميي بالبلاد بما فيها جميع المتدخلين التربويين والهيئات النقابية والتلاميذ وجمعيات الآباء وفعاليات المجتمع المدني ذات الاهتمام بالموضوع وحتى بعض الجهات الرسمية داخل وزارة التربية والتكوين على تأزم الوضع التربوي والتعليمي بظهور اختلالاات بنيوية مست أغلب جوانب المنظومة التربوية ومن ضمنها نظام امتحانات الباكلوريا. وتأسيسا لما سبق، فقد بات من الضروري الإسراع بالقيام بوقفة تقييمية لنظامنا التعليمي من خلال الوقوف على مكامن القوة والضعف قصد استثمارها في بلورة فلسفة تربوية وطنية بديلة عن الميثاق الوطني الذي أصبح يشكل عائقا حقيقيا أمام إصلاح حقيقي وجذري يهدف إلى تكريس تعليم عمومي شعبي مجاني وجيد لعموم المغاربة ويرمي إلى تكوين مواطن قادر على المساهمة الفعلية في مسلسل التنمية ببلادنا



خالد جلال

vendredi, juillet 14, 2006

HRINFO

"hrinfo.net" <info@hrinfo.net>

The Weekly Update for HRINFO,
no. 117Third year7 July 2006 - 13 July 2006
Jordan:
Amman Center for Human Rights Studies, The Arabic network for Elections (founded one month ago as the first Arabic network interested in monitoring elections ever) and International Studies Center of Baghdad University held a seminar on Election Statuses theoretically and their developments on both national and regional levels in cooperation with fifty researcher from eleven Arab nations. Sources

Amman Center for Human Rights StudiesMore information on Jordan page:
http://www.hrinfo.net/jordan
Bahrain
The 31 years-old Abass Abd Ali is the latest name on the list of regime's arrogance and corruption victims. Masked persons attacked him in various parts of his body using wooden sticks, and did not leave him until he lost consciousness.Female Petition Committee of Bahrain is in the process of filing a report to the United Nations Human Rights Council and other international and regional organizations having jurisdiction over the appointments of women in the era of political reform and tribal and racial standards adopted by the Bahraini government on such assignments. Sources
Bahrain Youth for Human Rights Association
Female Petition C0mmitteeMore information on Bahrain page:
Algeria
"Powers without borders: torture practiced by military security in Algeria" was the title of a report issued by Amnesty International on conditions in Algeria. The report mentioned that beatings, hanging, electric shocks and forced ingestion of dirty water, urine and chemicals are only some of the techniques used continuously by security forces in Algeria with prisoners; where torture at the hands of military security in Algeria at the hands of the inquiry and security in the secret detention centers without the giving access to independent lawyers and doctors or meeting family members or any civil authority. Sources
Amnesty InternationalMore information on Algeria page:
http://www.hrinfo.net/algeria/
Tunisia
An illegal prisoner, according to his wife's statements, was forced to stand up for four days with his own legs fettered and surrounded by a group of torturers who worked on beating him and insulting him. That is in addition to other inhuman conditions of prison. The International Committee for Political Prisoners called on investigating the complaints of torture, despite trials are not held yet.Benzert, Mater and Gandawia branches of The National Bond for Human Rights won its battle with regime security forces by opening the headquarter of seized Benzert branch. At the conclusion of the meeting attended by the representatives of the three branches and the official of "For Human Rights Organization", the path of strive was confirmed to be the sole guarantee for challenging all what the bond faces. Sources
International Association for Political PrisonersMore information on Tunisia page:
http://www.hrinfo.net/tunisia
Syria
1980s file may never be closed unless the names of alive and lost detainees are announced and clarifying their destinies and places of their graves. Moreover their families must be reimbursed. The problem of Forced Immigration must be solved. Apology must be offered to the whole Syrian people for the crimes committed against it and practicing democratic reformations to prevent such incidents from taking place once again upon Law no. 49/1980 which is unique. These are some of the endless demands mentioned by The Syrian Commission for Human Rights, while commenting on the news-story of releasing 13 ex-members of Muslim Brotherhood group. Regime prisons receives Ms. Fidan Qumier (24) from Medan village and the young man Omar Gamal El-Talawi (18) from Hams after questioning him about the reason why he has a long beard. Dr. Aref Delila (64) is in bad health state due to being imprisoned in Syrian prisons since 2001. Added to such case of Aref are the cases of Ghaleb Amer (imprisoned since May 2006) and Habib Saleh in sole room, fifteen years ago. The spokesman of Defense Committees; Aktham Neissa was arrested at in Damascus airport.A human rights organization calls upon the Syrian commission to review the prevention from traveling punishment and takes the initiative to eliminate it. Sources
Follow-up Commission in the cases of detainees and exiles, civil rights and citizenship seekers
Syrian Organization for Human Rights (SAWASIA)
Syrian Commission for Human Rights More information on Syria page:
Lebanon
Palestinian Association for Human Rights invites all human rights associations and organizations in the world to immediately interfere to save one hundred Palestinian refugees in India and supporting their human issue, after the United Nations and the Higher Commission Of Refugees let them down. Sources
Palestinian Association for Human RightsMore information on Iraq page:
http://www.hrinfo.net/iraq/
Palestine
In Beit Lahia, Genen, Al-Shogaia, North strip, South strip there are no names of human s and places to be mentioned anymore. The best description for them now is organized massacres. In the war of complete murder, the best military equipments are used by the mean hands of murderers. Sources
National Association for Democracy and Law.
Conscience Foundation for Human Rights
Palestinian Center for Human Rights
Al-Qudus Center for Democracy and Human RightsMore information on Palestine page:
Egypt
Land Center warns against the repetition of Serando repetition in the affiliated villages to Pilla center, Kafr El-Sheikh governorate. The public Authority for Agricultural Reformation neglected their protection by proving their right to own the land. The Land Center issued report no. 48 of Economic and Social Rights series on female farmers' conditions and unified labor law, in respect with their role in political participation. The Egyptian Organization for Human Rights expressed its deep sorrows towards the increase in the number of banning practices which leads to limiting the freedom of creativity upon the alleging that creative art works are a cover for political violations. The religious or political monitoring on human minds is subject to various interpretations by those who force it. Maat Center is concerned with the arrogance of some NDP parliamentary members against the Journalist Hosam Fadel of Al-Masry El-Youm newspaper who was beaten by them inside the parliament hall for doing his job. Sources

and Center
Egyptian Organization for Human Rights
Maat Center for Human RightsMore information on Egypt page:
http://www.hrinfo.net/egypt

Morocco
The annual report of 2005 of the Moroccan Association for Human Rights included the fact that Justice and Compromise Authority worked for two years (Jan. 2004 - Nov. 2005) on the report without allowing comprehensive processing of violations committed against immigrants in Morocco. The report was concluded with recommendations; the most important of which are: human rights state emphasizes the need for a strong human rights movement to get closer to citizens' concerns to guarantee them some democracy. Moroccan Association for Human Rights and other civil rights organizations interested in advocating migrants' rights arranged for a rally in the occasion of holding "the Afro-European governmental conference on immigration and development" Sources
Moroccan Association for Human RightsMore information on Morocco page:
http://www.hrinfo.net/morocco
Yemen
The public prosecutor fired the judge / Abdel Salam El-Sargy on the account of his noble situations in the crime of raping the child; Sausan. He was rejecting the situations of Omran prosecution for neglecting the case. In a report by Hud: Criminal Investigation Bureau tortured prisoners held in its affiliated prisons. The criminal investigation has turned into a bureau providing services to powerful officials by arresting whoever they want! Sources
Alshakaek Arabic Forum for Human Rights
National Authority for Rights and Liberties More information on Yemen page:
http://www.hrinfo.net/yemen
Regional and International
Amnesty International called upon the Egyptian Government not to enforce the new "Fighting Terrorism" Law which gives authority the power to torture and arbitrarily trial citizens. This is deemed a grieve violation of Human Rights under emergency law enforced since a long time ago. In a message for five Arab activists on direct war crimes committed under the slogan of fighting terrorism, and violating the international human law and the international legislation for human rights under the Israeli siege, they condemned repression and poverty which led to the appearance of some marginalized categories living on foreign finances and limiting its civil activities to a mere agenda. Should we remind that a large number of these centers has signed agreements on not to deal with US terrorist organizations. Sources
Amnesty International
Arabic Commission for Human RightsMore information on Regional and International page:
The Arabic Network for Human Rights Information
The Arabic Network for Human Rights Information condemned the insistence of the Egyptian government and Parliament on overlooking the essential remarks of Journalists' Syndicate n respect with providing freedom of expression and protecting journalists against the sever amendments of press law discussed by parliament members.
Recently added organizations on HRinfo
Palestinian Society for Human Rights (Rased) ]Monitor[, based in Ein el-Helwa Camp- Sida- Lebanon. Rased is a non- governmental, non-profit independent organization, founded in the beginning of 2006 by a group of human rights activists defending human rights, refugees' rights and advocating for refugee issues.Rased's 3 key areas of interest:
1- Monitoring and documenting human rights violations2- Human Rights principals dissemination and education3- Research and Studies


Please feel free to contact HRinfo for any quiries, suggestions or inputAddress: 5,105 St, 2nd floor, Al-Hurria Sq, Maadi, Cairo, EgyptTel&Fax: 00202- 5249544
E-mail: info@hrinfo.net

mercredi, juillet 12, 2006

Nous, ministres des Affaires étrangères, ministres compétents en matière de migration et de développement, et autres représentants des pays

jean-pierre alaux alaux@gisti.org




Conférence ministérielle euro-africaine sur la migration et le développement, 11 juillet 2006
La Déclaration de Rabat
"Nous, ministres des Affaires étrangères, ministres compétents en matière de migration et de développement, et autres représentants des pays partenaires: Allemagne, Autriche, Belgique, Bénin, Bulgarie, Burkina Faso, Cameroun, Cap Vert, Chypre, Congo, Côte d'Ivoire, Danemark, Egypte, Espagne, Estonie, Finlande, France, Gabon, Gambie, Ghana, Grèce, Guinée Bissau, Guinée, Guinée Equatoriale, Hongrie, Irlande, Islande, Italie, Lettonie, Libéria, Libye, Lituanie, Luxembourg, Mali, Malte, Maroc, Mauritanie, Niger, Nigeria, Norvège, Pays Bas, Pologne, Portugal, République Centrafricaine, République Démocratique du Congo, République Tchèque, Roumanie, Royaume Uni, Sénégal, Sierra Leone, Slovaquie, Slovénie, Suède, Suisse, Tchad, Togo, Tunisie et Commission européenne.Réunis, à l'invitation du Royaume du Maroc, les 10 et 11 juillet à Rabat, dans le cadre de la Conférence ministérielle euro-africaine sur la migration et le développement.Remerciant le Royaume du Maroc, en sa qualité de pays hôte pour l'excellente organisation de cette conférence et pour son hospitalité, ainsi que pour sa participation active et son initiative conjointe avec l'Espagne et la France.Exprimant sa considération à la République du Sénégal pour son engagement actif, en particulier pour l'excellente organisation des réunions préparatoires à Dakar.Remerciant tous les pays ayant contribué l'élaboration du Plan d'action et de la Déclaration finale.Remerciant également les organisations internationales et régionales présentes pendant la conférence.Conscients que les destins de nos pays sont liés et que seul le développement d'une solidarité agissante rapide et tangible intégrant à la fois les impératifs du développement et de la sécurité pour tous, sera à même d'apporter une réponse durable à la question de la maîtrise des flux migratoires.Persuadés que les migrations internationales ont des effets positifs sur les pays d'accueil, de transit et d'origine lorsque ces flux sont bien gérés.Conscients que la gestion des flux migratoires ne peut se faire à travers des mesures de contrôle seulement, mais nécessite également une action concertée sur les causes profondes de la migration, notamment à travers la mise en place de projets de développement en Afrique.Affirmant que les migrations irrégulières, le trafic des migrants et la traite des êtres humains, doivent être combattus efficacement, dans le cadre d'un partenariat viable et solidaire en respectant les droits fondamentaux et la dignité des migrants.Conscients de la nécessité de fournir une protection internationale adéquate conformément aux obligations internationales des pays partenaires.Conscients qu'il est nécessaire de mieux utiliser le potentiel de la migration comme facteur de développement, de modernisation, et d'innovation des sociétés d'origine et d'accueil.Convaincus que les flux migratoires s'alimentent de facteurs structurels puissants, qui opèrent à la fois dans les sociétés d'origine, de transit et de destination, et que ceux-ci ont une motivation à forte dominante économique et sociale.Préoccupés par le phénomène de la fuite des cerveaux qui freine le développement des pays d'origine en les privant des compétences de qualité, de décideurs et de cadres d'expérience.Réaffirmant que la gestion de ces flux exige une réponse cohérente abordant, dans une perspective globale et équilibrée, les différents aspects et les diverses phases du processus migratoire dans sa globalité, dans le cadre d'une démarche impliquant les pays d'origine, de transit et de destination.Nous engageons à créer et à développer un partenariat étroit entre nos pays respectifs pour travailler de façon conjointe, suivant une approche globale, équilibrée, pragmatique et opérationnelle, dans le respect des droits fondamentaux et de la dignité des migrants et des réfugiés, sur le phénomène des routes migratoires qui touche nos peuples.a) Ce partenariat entre les pays d'origine, de transit et de destination de la migration vise à apporter des réponses concrètes et appropriées à la question centrale de la maîtrise des flux migratoires et est fondé sur la forte conviction que la gestion de la migration entre l'Afrique et l'Europe doit s'inscrire dans un partenariat de lutte contre la pauvreté et de promotion du développement durable et du co-développement.b) Le renforcement d'un environnement propice au développement passe par la bonne gouvernance, par les échanges humains et commerciaux, par la promotion de la paix et de la stabilité, ainsi que par la cohérence des politiques internationales.c) Le partenariat institué par la présente déclaration entend gérer de façon optimale et dans un esprit de responsabilité partagée les flux migratoires entre les pays d'origine, de transît et de destination des migrations.d) Outre les questions de développement structurel, ce partenariat abordera également le phénomène migratoire sous tous les angles jugés pertinents par les pays partenaires tels que :- la valorisation du potentiel de la migration légale et ses incidences bénéfiques sur le développement des pays d'origine, de transit et d'accueil.- le renforcement des capacités des pays d'origine, de transit et de destination pour gérer les flux migratoires dans leur ensemble.- le développement de campagnes de sensibilisation.- la facilitation de la circulation des travailleurs et des personnes.- la mise en oeuvre d'une politique active d'intégration des migrants en situation régulière et de lutte contre l'exclusion, la xénophobie et le racisme.- le contrôle des frontières.- la lutte contre la migration illégale, y compris la réadmission des migrants en situation irrégulière et la lutte contre la traite des êtres humains.e) Ce partenariat aura un caractère pragmatique et opérationnel, comme le démontre la traduction concrète de tous ces éléments dans un Plan d'action qui a reçu l'accord de tous les participants, et qui se trouve annexé à la présente déclaration.Sommes engagés, pleinement conscients de nos responsabilités, en ce qui concerne la " Coopération en matière de développement et " la Coopération en matière de gestion des flux migratoires " eu égard à l'urgence de la situation, à commencer à intégrer les mesures cohérentes avec le Plan d'Action dans nos politiques et actions dans ces domaines et ce, tout en préservant son caractère global et équilibré.Dans cette perspective, nous chargeons, au titre du suivi, nos Hauts Fonctionnaires de se réunir pour procéder à une première évaluation de la mise en oeuvre du Plan d'action et de proposer une date pour la tenue d'une deuxième conférence ministérielle, au plus tard dans deux ans.Nous engageons à encourager et à approfondir le dialogue politique et opérationnel entre l'Union européenne et l'Afrique en matière de migration et de développement, par :a) L'approfondissement d'un dialogue politique de portée continentale et la tenue d'une Conférence ministérielle Afrique-Europe dédiée à la "Migration et Développement", sur le modèle du Sommet du Caire qui s'est tenu les 3 et 4 avril 2000. A cet égard, nous saluons l'offre de la Libye d'accueillir cette conférence à Tripoli, avant la fin de l'année 2006, comme contribution à une Stratégie commune et au II-ème Sommet UE-Afrique, qui doit se tenir à Lisbonne aussitôt que possible.b) Conscients du lien existant entre les routes migratoires, encourageant les pays et organisations concernés d'Afrique et d'Europe à adhérer aux concepts de la Conférence de Rabat.c) L'intensification du dialogue bilatéral sur les questions migratoires entre les différents pays d'origine et de transit avec l'Union européenne et ses Etats membres, y compris dans le cadre de l'Article 13 de l'Accord de Cotonou.Invitons les organisations internationales et régionales, eu égard au rôle important à jouer dans le suivi et la mise en oeuvre du Plan d'action, à contribuer et à accompagner les Etats participants dans la mise en place et dans l'exécution du plan d'action, et plus particulièrement en ce qui concerne sa dimension développement.Nous présenterons, dans le cadre du dialogue de Haut Niveau des Nations Unies, l'approche, les conclusions et le Plan d'action de la présente conférence comme une contribution pragmatique et opérationnelle, à l'heure d'aborder conjointement la gestion des flux migratoires ".
AFP 11 juillet 2006
Immigration : Européens et Africains scellent à Rabat un pacte flouL'Europe et l'Afrique occidentale ont scellé mardi à Rabat un partenariat inédit, mais encore flou sur sa mise en oeuvre et son financement, pour tenter d'endiguer les déferlements désespérés d'émigrants africains aux portes sud de l'Europe, en particulier l'Espagne.Les ministres de 57 pays ont clôturé la Conférence euro-africaine sur la migration et le développement de Rabat en adoptant une déclaration politique et un "Plan d'action" de 62 recommandations, qui combinent pour la première fois approches sécuritaire et de développement."Nous ne serons jugés qu'aux résultats", a averti la ministre française déléguée aux Affaires européennes, Catherine Colonna. Cette conférence "fondatrice" est "un point de départ, pas un aboutissement", a-t-elle souligné.Les 57 pays représentés, 30 européens et 27 africains, se sont engagés à "créer et à développer un partenariat étroit (...) pour travailler de façon conjointe, suivant une approche globale, équilibrée, pragmatique et opérationnelle, dans le respect des droits fondamentaux et de la dignité des migrants et des réfugiés, sur le phénomène des routes migratoires".Leur déclaration politique s'appuie sur un "Plan d'action" censé "répondre à l'urgence" et à l'émotion née des drames de l'immigration clandestine dans les enclaves espagnols de Ceuta et Melilla au nord du Maroc, et aux Canaries. Mais le Plan demeure à ce stade un catalogue de bonnes intentions à concrétiser."Ce qui est fondamental, a estimé le ministre marocain délégué aux Affaires étrangères et à la Coopération, Taieb Fassi Fihri, c'est que tout le monde est désormais d'accord que la question des flux migratoires ne peut ni ne doit se traiter de manière unilatérale ou bilatérale".La Conférence de Rabat a permis d'arrêter "l'architecture définitive" d'une "approche globale (..) au plan géographique et des thèmes abordés", a-t-il dit.C'est la première fois en effet que des responsables de pays d'origine, de transit et d'accueil cherchaient une réponse concertée à un phénomène socialement et politiquement explosif sur les deux continents.Au chapitre répressif, le Plan d'action de Rabat préconise la "mise en place (...) de systèmes efficaces de réadmission dans l'ensemble des pays concernés", des émigrants entrés irrégulièrement en Europe, et une lutte active contre les filières mafieuses de "marchands d'illusion".Ce volet sécuritaire est contrebalancé par l'engagement européen d'augmenter la contribution au développement des pays de "la route de l'immigration" pour tenter d'y fixer les candidats potentiels à "l'Eldorado européen".Sont ainsi évoqués "des projets de coopération dans certains domaines générateurs d'emploi", comme l'agriculture, l'artisanat, le tourisme, ou la pêche.Le Plan d'action recommande également d'inciter fiscalement les diasporas africaines implantées légalement en Europe à rediriger leur épargne vers leurs pays d'origine dans des micro-projets de co-développement.En réponse aux vives inquiétudes africaines sur les risques de "fuite des cerveaux" suscitées par la volonté affichée par Paris et Madrid de favoriser une immigration légale "choisie", la Conférence de Rabat suggère des garde-fous: contrats temporaires, incitations au retour des étudiants africains.Mais le partenariat de Rabat reste peu disert sur les moyens financiers de sa politique, évoquant le "recensement" et l'"optimisation des fonds et des moyens institutionnels existants"... sans citer aucun chiffre."Ce n'était pas une réunion de bailleurs de fonds", a justifié le ministre sénégalais de l'Intérieur, Cheick Tidiane Gadio.Mme Colonna a promis une "sensible augmentation des moyens", expliquant que d'ici 2015, l'enveloppe globale de l'aide des pays européens au développement augmentera de 46 milliards d'euros, "dont la moitié pour l'Afrique".
AFP 11 juillet 2006
Europe and Africa reach vague pact on illegal immigrationRABAT: European and African ministers on Tuesday reached agreement on a partnership to curb the influx of illegal immigrants to Europe, but just how the plan will be implemented and financed remains vague. Ministers from 57 countries are expected to close their Euro-African conference in Rabat Tuesday with the adoption of an action plan, including some 62 recommendations dealing with security and development as well as a political statement. The conference, triggered by the mass clandestine immigration to ports in Italy and Spain by Africans, who usually undertake a dangerous journey in unseaworthy boats, marks the first time that Europe and Africa have tried to reach a common response to the situation, which has been a politically explosive issue on both continents. The plan hammered out in Rabat calls for putting measures in place to repatriate would-be immigrants “with respect for people’s dignity and fundamental human rights”. It also calls for judicial and police cooperation against human trafficking and the crime networks that operate illegal immigration routes.
Reuters 11 juillet 2006
Europe, Africa endorse joint plan on migrationby Lamine GhanmiRABAT, July 11 (Reuters) - European and African ministers hailed a new era of cooperation in fighting illegal migration on Tuesday and backed a plan to support legal migrants, crack down on human traffickers and make aid to Africa more effective.But migrant rights' groups said the plan was vague on offers of more aid and trade to help the world's poorest continent discourage would-be migrants by creating more jobs at home."There is no expanded aid from Europe to Africa in the plan," one African delegate told Reuters. "We have a plan and the means exist to implement it," said France's European Affairs Minister, Catherine Colonna, at the end of a two-day meeting of over 50 countries in the Moroccan capital.The ministers approved a joint strategy to tackle illegal migration, the source of hope for thousands of Africans seeking a better life but an object of fear in Europe, where politicians warn that taking in more migrants would fuel racism and support for far-right groups."We met in Rabat because past experience showed that the security approach to stem the migration flow was not sufficient and European aid to Africa has reached its limits," said Senegalese Interior Minister Ousmane Ngom."We must link the two and Rabat offered us the structure for that," he said."It is important to undertake swift and concrete action in order to respond to this urgent situation," the draft plan said.The Rabat document proposed more coordination in patrolling borders and sea routes, a Euro-African migration observatory to track people's movements and measures to increase awareness of the dangers of illegal migration, especially among young people in the poorest parts of Africa.MIGRANT REPATRIATION"The conference was a great success as it was concluded by a plan of action, with a balanced approach on migration," said Morocco's junior foreign minister, Tayeb Fassi Fihri.Countries will try to smooth out procedures for repatriating illegal migrants and clarify rules on how they are treated to preserve their dignity, delegates said."We are open for repatriating illegal migrants but we have to discuss it more with European partners because some African countries are becoming countries of transit and origin of migrants," said an African delegate.Spanish Foreign Minister Angel Miguel Moratinos tried to appease African states' worries about repatriation, telling reporters: "Repatriation is part of the package, of the whole cooperation policy. The conference helped us overcome the obsession with repatriation." The plan puts a new emphasis on the positive side of migration by promoting incentives to get more Africans into universities on both continents, set up a Euro-African business forum and help migrants returning home to start businesses.Regional integration and cooperation will be given new momentum, bringing together municipalities and businesses on each continent to spur growth and fight poverty in Africa.But delegates avoided discusion of the corruption and mismanagement that have widened the wealth gap between the two continents and made Europe a magnet for frustrated, jobless young Africans."Europe has a fundamental role to play when we talk about bad governance because these governments are often supported by the EU," said Mohamed Khachani, head of the Moroccan migration research group AMERM.Colonna said the Rabat gathering would be followed by another before the end of the year involving the EU and the African Union and focusing on other migrant routes futher east.That meeting is likely to include Algeria, which has strained relations with Morocco and did not attend the meeting.
AP 11 juillet 2006
La conférence de Rabat adopte un plan d'action pour lutter contre l'immigration clandestine
par John ThorneRABAT (AP) -- Les ministres des Affaires étrangères de 58 pays d'Europe et d'Afrique ont adopté mardi à Rabat un plan d'action pour lutter contre l'immigration clandestine et la pauvreté, qui pousse les candidats à l'exil en Afrique à tenter leurs chances vers le Vieux Continent. Ces mesures ont été adoptées à la fin d'une conférence euro-africaine de deux jours sur les migrations et le développement, destinée à trouver des solutions durables à la question de l'immigration clandestine. Le plan d'action prévoit notamment l'octroi de subventions aux migrants légaux pour la création d'entreprises dans leur pays d'origine; l'octroi de permis de travail à durée limitée pour les travailleurs qualifiés en fonction des besoins du marché; une meilleure coordination entre services de sécurité et tribunaux des différents pays pour améliorer la lutte contre l'immigration clandestine; un meilleur apprentissage des langues pour les immigrants légaux avant leur départ pour l'Europe. Le financement de ces mesures doit provenir de l'UE, des Etats partenaires et "d'instititions ou organisations internationales" non précisées. Loin des caméras, certains délégués ont abordé la question de la corruption. Le ministre belge de la Coopération Armand de Decker a évoqué un problème de "mauvaise gouvernance africaine", conduisant au détournement ou au vol de l'aide financière. "Nous voulons que les (gouvernements africains) travaillent plus efficacement, et nous sommes prêts à travailler avec eux", a déclaré Erkki Tuomioja, ministre finlandais des Affaires étrangères, dont le pays occupe la présidence tournante de l'Union européenne. La Commission européenne a proposé mardi un fonds de trois milliards d'euros pour promouvoir la bonne gouvernance en Afrique, une mesure destinée à lutter contre la pauvreté. L'exécutif européen a précisé que cette aide serait utilisée pour encourager les réformes et distribuée aux pays faisant des efforts en matière de gouvernance. Les clandestins africains frappent de plus en plus à la porte de l'Europe. Plus de 10.000 clandestins africains ont gagné les Canaries depuis le début de l'année, soit deux fois plus que pour l'ensemble de 2005, selon Jean-Philippe Chauzy, porte-parole des l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Les candidats à l'exil ne sont pas découragés par le renforcement des contrôles aux frontières ni par les dangers de la traversée vers le territoire européen, voyage dans lequel quelque 40% périssent. La conférence de Rabat réunissait pour la première fois les pays d'origine, de transit et de destination des flux migratoires entre l'Afrique et l'Europe, selon la commissaire aux Relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner.
Reuters 12 juillet 2006
La conférence de Rabat, miroir des dissensions Afrique-Europepar Ingrid Melander et Tom PfeifferRABAT (Reuters) - Microcrédit, échanges universitaires, transfert de fonds détaxés... Des idées ont fusé en pagaille tout au long des deux jours de débat qui ont réuni à Rabat, au Maroc, une cinquantaine de pays d'Afrique et d'Europe autour du thème de l'immigration.Mais le dynamisme des débats n'a pas réussi à masquer les dissensions profondes qui divisent les deux continents sur les procédures à mettre en oeuvre pour le rapatriement des clandestins."L'Europe ne semble pas avoir vraiment changé de voie et reste toujours obsédée par son combat contre l'immigration illégale", note Mohamed Khachani, directeur d'un centre de recherche marocain sur l'immigration."Nous attendions un dialogue franc et sincère qui aille au coeur des problèmes, mais visiblement ce n'est pas ce qui s'est passé."L'Europe a défendu l'immigration légale, et vanté les mérites du microcrédit permettant de créer de nouveaux emplois sur place et de développer des centres médicaux de qualité afin d'endiguer l'exode massif des médecins africains.Mais pas un délégué n'a évoqué les problèmes de gaspillage et de corruption qui empêchent l'Afrique de développer ses infrastructures et son économie au rythme de la croissance rapide de sa population."L'Europe a un rôle essentiel à jouer quand on parle de mauvaise gouvernance car l'Union européenne soutient souvent ces gouvernements", estime Khachani.Selon cet analyste, bien peu a été fait pendant ces deux jours pour tâcher de soulager la souffrance des milliers d'Africains déterminés à braver tous les dangers dans l'espoir d'une vie meilleure en Europe.PLAN MARSHALLLa conférence de Rabat pourrait rester dans les annales comme une occasion manquée, estiment des experts.Si l'Europe continue par exemple de promettre au Maroc 70 millions d'euros destinés à lutter contre l'immigration illégale, aucune extension de l'aide au développement vers l'Afrique n'a en revanche été annoncée.De son côté, le ministre malien représentant les ressortissants à l'étranger, Oumar Hamadoun Dico, affirme que l'Afrique ne peut se contenter de microcrédits."Nous avons besoin de trouver des solutions aux problèmes de chômage, surtout pour les jeunes", a-t-il estimé. "Nous avons besoin d'un Plan Marshall pour l'Afrique et non d'une aide qui vienne au coup par coup."L'harmonie diplomatique qui a régné sur toute la conférence a parfois été rompue par des manifestations d'exaspération des uns et des autres.Le président du gouvernement régional des Iles Canaries a ainsi reproché au Sénégal de ne pas avoir suffisamment investi dans des patrouilles maritimes pour empêcher les immigrants illégaux d'atteindre les îles espagnoles.Plus tard, le secrétaire d'Etat tunisien pour les Affaires européennes, Hatem Ben Salem, s'est plaint que l'UE exige de son pays qu'il raccompagne les immigrants non-Tunisiens traversant son territoire pour aller en Europe."Vous ne pouvez pas demander aux pays du Maghreb de s'occuper des problèmes des pays européens", a-t-il déclaré.

Européens et Africains s'engagent à coopérer pour maîtriser les flux migratoires
par Michel Zerr .Dans leur déclaration finale, les participants à la conférence de Rabat s'engagent à coopérer contre l'afflux de clandestins en Europe. CE FUT une première dans la longue histoire des relations entre l'Europe et le continent africain : avoir réussi à mettre autour d'une table près de soixante (57 précisément) délégués ministériels représentant les pays d'origine, de transit et d'accueil, pour discuter de la maîtrise des flux migratoires. Avec une volonté commune de coopérer et d'établir un lien entre lutte contre l'immigration clandestine et développement des pays du Sud. « Fuite des cerveaux » L'initiative en revient au Maroc et à l'Espagne, soutenus par la France, au lendemain des dramatiques événements de l'automne 2005 autour de Ceuta et de Melilla, les deux enclaves espagnoles en territoire marocain. Par vagues successives, plusieurs centaines de clandestins, pour la plupart d'origine subsaharienne, avaient tenté, et parfois réussi, de passer en terre espagnole. Ces tentatives désespérées s'étaient soldées par la mort de 11 clandestins. Dans leur déclaration politique, les participants à la conférence soulignent que la gestion des flux migratoires ne peut se résumer aux seules mesures de contrôle. Elle nécessite une action concertée des États afin de soutenir des projets de développement en Afrique. Toute la question est de savoir comment organiser une immigration africaine légale vers l'Europe, sans pour autant «frayer le chemin à une fuite catastrophique des cerveaux», selon l'expression du ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheick Tidiane Gadio. Accords bilatéraux Pour sa part, Nicolas Sarkozy n'a pas caché que «l'immigration zéro est un mythe dangereux», affirmant «avoir la conviction profonde que l'immigration africaine, sous certaines conditions, peut être une chance aussi bien pour l'Europe que pour l'Afrique». Le ministre de l'Intérieur a réaffirmé parallèlement sa détermination à lutter contre l'immigration illégale, qu'il juge «intolérable». La France, représentée par quatre ministres – Philippe Douste-Blazy (Affaires étrangères), Nicolas Sarkozy, Catherine Colonna (Affaires européennes) et Brigitte Girardin (Outre-Mer) – a proposé dix-huit mesures reprises pour l'essentiel dans le plan d'action élaboré lors de la réunion préparatoire de Dakar en juin dernier. Parmi celles-ci, la création d'un observatoire euro-africain des migrations qui doit permettre une meilleure connaissance des flux migratoires et de mieux apprécier les éléments qui structurent les routes empruntées par les migrants. Paris souhaite également étendre, de façon concertée, les accords de réadmission bilatéraux entre pays de destination et pays de transit ou d'origine, afin d'organiser le retour des personnes qui n'ont pas ou plus le droit de séjourner dans un État. Cinq accords de ce type sont en négociation entre la France et des États africains, mais rien n'est encore conclu. La déclaration politique de Rabat a retenu la proposition faite par la Libye d'organiser avant la fin de l'année, à Tripoli, une nouvelle conférence ministérielle euro-africaine, cette fois-ci avec l'Algérie qui a boycotté la conférence de Rabat.
Monde", 12 juillet 2006
Les pays africains acceptent de s'impliquer dans le contrôle des flux migratoires illégaux
RABAT ENVOYÉ SPÉCIALExiste-t-il un "esprit de Rabat", mélange d'oecuménisme et de volontariat, comme l'a suggéré le ministre espagnol des affaires étrangères, Miguel Angel Moratinos, lundi 10 juillet, peu après l'ouverture dans la capitale marocaine de la conférence ministérielle euro-africaine sur "la migration et le développement" ? C'est sans doute aller un peu vite mais, pour l'Espagne, marraine de la rencontre, comme pour la France, l'objectif est atteint. La trentaine de pays d'Afrique centrale et de l'Ouest présents à Rabat a accepté - au moins sur le papier - de s'impliquer sans tarder dans la lutte contre les flux de migrants illégaux.Le texte de la déclaration politique clôturant, mardi, la réunion précise ainsi que "la réadmission des migrants en situation irrégulière" fait partie des thèmes du "nouveau partenariat" entre l'Europe et l'Afrique. Le plan d'action qui l'accompagne prévoit la "mise en place (de) systèmes efficaces de réadmission (des clandestins) entre (tous) les pays concernés (...) ; le renforcement de la capacité de contrôle des frontières nationales (et une) coopération opérationnelle policière et judiciaire".Pour n'être pas accusés de privilégier le volet sécuritaire sur toute autre considération, les pays européens ont pris soin d'élargir la conférence aux questions de développement. Le plan d'action met ainsi l'accent sur la "promotion du développement" et comporte aussi des engagements destinés à faciliter l'émigration légale.Présent à Rabat, le ministre français de l'intérieur, Nicolas Sarkozy, en a profité pour défendre son projet d'"immigration choisie" fondé sur "un accord de volonté" entre les pays de départ et d'arrivée. Soulignant que "l'immigration zéro est un mythe dangereux", il a simultanément rejeté l'idée "d'une immigration sans limite".Un bilan du partenariat ébauché à Rabat sera fait "au plus tard dans quatre ans". Avant cela, une conférence intitulée "Migration et développement" pourrait avoir lieu à Tripoli. Organisée sous l'égide de l'Union africaine, elle abordera la question des migrations en provenance des pays d'Afrique de l'Est, oubliés à Rabat.Jean-Pierre Tuquoi
"le Monde", 12 juillet 2006
Istanbul, nouvelle route des clandestins africains vers l'Europe
ISTANBUL CORRESPONDANCEAlassane, Innocent, Blaise ("chef du village"), Bakary et les autres sont entassés autour du téléviseur fatigué qui trône au milieu de la pièce, hypnotisés par un match de football espagnol. Un gros rat mort, jeté par la porte entrebâillée, atterrit à leurs pieds. Ils sursautent à peine. "Ce sont les enfants du quartier qui s'amusent. D'habitude, on reçoit des pierres", sourit Alassane en balayant le cadavre du rongeur. Ils sont dix jeunes Africains, venus de Côte d'Ivoire, du Cameroun, de Guinée ou du Sénégal, âgés de 20 à 35 ans, à habiter ce réduit sordide d'à peine 15 m2. Une cave sans fenêtre, humide, que le propriétaire, un marchand ambulant de moules, loue à prix d'or.Dans les ruelles défoncées du quartier de Tarlabasi, un ghetto en plein coeur d'Istanbul, vivent pêle-mêle des familles de réfugiés kurdes, des travestis prostitués, des adolescents dealers d'héroïne et des clandestins africains, parias parmi les parias. Comme ces dix "aventuriers", ils sont 3 000 à 5 000 migrants, venus de toute l'Afrique, échoués à Istanbul dans l'attente d'un hypothétique passage vers l'espace Schengen. La Grèce est à deux heures à peine. "On m'a trompé, tempête Bakary. On m'avait dit qu'en arrivant ici, je n'avais qu'à prendre un métro pour être en France ou en Italie."Dans les pays subsahariens, les passeurs ont mis la Turquie au goût du jour. Le visa est moins cher et plus facile à obtenir que le sésame pour l'Europe. La plupart arrivent en avion. "Les anciens passages par le Maroc ou la Mauritanie ont été découverts et il y a trop de contrôles, note Alassane. Ici, c'est une route qui s'ouvre."L'histoire de cet Ivoirien de 29 ans, père de trois enfants, est celle de millions d'Africains. "Mon père s'est sacrifié pour ses 17 enfants et il m'a dit : "Tu es l'aîné, il faut te battre." Pour moi, l'école s'est arrêtée au CM2. Après, j'ai été cireur et chauffeur de minibus à Abidjan. Je suis finalement parti le 6 novembre 2004, grâce à Dieu."Une fois à Istanbul, les clandestins doivent encore franchir une frontière. Beaucoup optent pour la traversée par la mer : la côte égéenne n'est qu'à quelques encablures d'une multitude d'îlots grecs (Chios, Samos, Lesbos) accessibles d'un coup de bateau à moteur. Dès le printemps, les convois s'organisent, mais les naufrages sont fréquents. D'autres choisissent de passer par la frontière terrestre. Pour atteindre la Grèce, il faut d'abord franchir le fleuve Evros et les champs de mines antipersonnel, semées après l'invasion turque du nord de Chypre, en 1974. "Avec la traversée, tu passes ou tu meurs. Tandis qu'avec la "marche", tu te fais souvent refouler par les policiers grecs", précise Blaise. Ce Burkinabé à la voix douce a tenté sept fois de passer de l'autre côté, sans succès. "Maintenant, je reste ici et je vais essayer de m'en sortir", dit-il.DU RÊVE AU CAUCHEMARDans la cave de Tarlabasi, le "chef du village" et Marc se lèvent aux aurores chaque matin et enfilent un bleu de travail. Sur les chantiers de construction des hôtels ou des immeubles de standing, ils sont employés comme bêtes de somme pour 4 à 8 euros par jour. "On porte des sacs de ciment sur plusieurs étages. On appelle ça le çabuk-çabuk (vite-vite) parce que les Turcs nous hurlent dessus "çabuk ! çabuk !"." Certains sont tentés par l'argent "facile" : drogue, prostitution et réseaux de passeurs offrent des réussites moins avouables. "Chez nous, c'est la souffrance qui est une honte, souligne Innocent, le Camerounais : les Africains mentent à leurs familles, et ça entretient le rêve."Le rêve a tourné au cauchemar pour Innocent le jour où, pris dans une dispute de voisinage, il a été arrêté, contrôlé et envoyé au centre de rétention d'Aksaray, situé sous le siège de la police d'Istanbul. "On était 200, entassés dans une salle prévue pour 50, dans des conditions terribles. J'y ai passé un mois", susurre le jeune Camerounais en plissant le front. Certains y passent six ou dix mois. "Les raisons de l'enfermement ne sont jamais spécifiées. Il n'y a aucune base légale sur la question en Turquie", dit Isabelle Caillol, du Programme d'aide juridique aux réfugiés (RLAP), qui assiste les demandeurs d'asile.Coincés à Istanbul, les clandestins ne songent qu'à s'en échapper pour gagner une Union européenne qui presse la Turquie de réagir. Bruxelles voudrait voir Ankara signer un accord de réadmission des clandestins, de plus en plus nombreux à emprunter cette route. Chinois, Afghans, Iraniens ou Africains, ils sont plusieurs dizaines de milliers à transiter par le sol turc. Selon la police, 56 000 migrants illégaux ont été arrêtés en 2003. L'Office des migrations internationales avance, lui, le chiffre de 300 000 entrées clandestines par an. "Mais c'est sans doute plus", estime Isabelle Caillol.En Turquie, seuls les Européens peuvent prétendre à l'asile politique. La plupart des Africains n'en font même pas la demande. "L'asile ne considère pas la pauvreté, lance Innocent : pourtant, elle tue plus que la guerre."Guillaume Perrier
"Libération", 11 juillet 2006
L'Europe enrôle l'Afrique dans sa lutte anticlandestins
A Rabat, une conférence inédite rassemble 57 pays pour organiser les flux migratoirespar Jean-Pierre PerrinRabat envoyé spécialSeptembre-octobre 2005, des centaines de clandestins se jettent sur les grillages frontières des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla. Terrible bilan : 11 morts. «Un choc pour les consciences européennes», selon l'expression d'un diplomate français, et l'accélération d'un processus né d'une idée déjà ancienne : le phénomène migratoire, particulièrement le flux des clandestins, doit être traité de façon globale. C'est-à-dire par les pays d'origine, de transit et de destination. Préparée par le Maroc, l'Espagne et la France, débattue et bien accueillie en juin à Dakar par les délégations d'une soixantaine de pays européens et africains, cette nouvelle approche des migrations a été mise en orbite hier à Rabat lors d'une conférence ministérielle euro-africaine.« Modèle équilibré ». «Une rencontre historique», selon l'expression du ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy, coprésident de la conférence, où la France était également représentée par Nicolas Sarkozy, la ministre déléguée à la Coopération Brigitte Girardin et la ministre déléguée aux Affaires européennes Catherine Colonna. Soit pas moins de quatre ministres. C'est dire si, pour Paris, «l'esprit de Rabat» souffle dans le bon sens. Pareil pour Madrid, dont le chef de la diplomatie Miguel Angel Moratinos a salué cette initiative comme étant «la base d'un authentique partenariat» entre l'Europe et l'Afrique visant à établir un «modèle équilibré d'immigration, dans l'intérêt de tous» . Un partenariat qui a l'ambition de conjuguer mesures de lutte contre l'immigration illégale, aide aux pays africains visant à en couper les racines socio-économiques et un meilleur accueil aux émigrants légaux.Pour les organisateurs, en effet, la conférence n'a pas uniquement vocation d'organiser la lutte contre les clandestins et la réadmission des immigrés n'ayant pas ou plus le droit de séjourner dans un pays. «Cette réunion ne procède pas d'une démarche sécuritaire. On ne construit pas un partenariat sur cela. Et je ne vois pas le Maroc et les pays africains s'engager dans une politique sécuritaire», souligne une source diplomatique française. D'où la mise en place d'un plan d'action aux contours assez flous, visant à favoriser le développement des pays de départ. Paris, en plus, est venu avec «dix-huit propositions concrètes», comme la création d'un Observatoire euro-africain des migrations, afin d'analyser précisément le phénomène migratoire, et un projet de canalisation des transferts d'épargne, pour qu'ils profitent aux pays d'origine.Très attendu par les participants, Nicolas Sarkozy a rappelé que Paris entendait relancer une politique d'immigration du travail «organisée, régulée, maîtrisée dans le cadre d'une concertation d'Etat et Etat» . «L'immigration zéro est un mythe dangereux [...]. J'ai la conviction profonde que l'immigration africaine, sous certaines conditions, peut être une chance aussi bien pour l'Europe que pour l'Afrique», a-t-il ajouté. Fort bien, mais à condition que cette immigration légale «ne fraye pas le chemin à une fuite catastrophique des cerveaux», a semblé lui répondre le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Cheick Tidiane Gadio, en se faisant l'écho des vives inquiétudes exprimées par l'Union africaine. Le plaidoyer sécuritaire n'était d'ailleurs pas le seul fait des pays européens. Le même ministre a ainsi demandé une «logistique d'envergure» pour «contrôler et surveiller» des côtes d'où partent les clandestins et «lutter farouchement contre les vendeurs d'illusions et les réseaux mafieux qui incitent les jeunes à tenter l'aventure» .Sans l'Algérie. Au total, 30 pays européens et 27 africains participent à la conférence qui, aujourd'hui, doit adopter un «plan d'action et une déclaration politique» . Avec un absent de taille : l'Algérie. «Tout a été fait pour que ce pays participe, d'autant qu'il constitue une grande plate-forme migratoire. 90 % des clandestins cherchant à entrer en Europe par le nord vienne de ce pays», nous a indiqué Khalid Zerouali, directeur marocain de l'émigration. La presse marocaine, elle, parle ouvertement de «sabotage» de la part d'Alger. Avant même qu'elle ne débute, la conférence de Rabat a été critiquée par plusieurs ONG. Amnesty International a considéré que pour atteindre son but autoproclamé, elle se devait d'aller au-delà de la rhétorique et de s'attaquer aux causes qui incitent des personnes à fuir plutôt que de se préoccuper uniquement des moyens de les empêcher d'entrer en Europe.
"le Soleil" (Dakar), 11 juillet 2006
CHEIKH TIDIANE GADIO EXPOSE L’APPROCHE DU SÉNÉGAL À LA CONFÉRENCE DE RABAT : « Le développement est le principal facteur de stabilisation des flux migratoires »
Une tragédie humaine qui se joue sous nos yeux. Une mauvaise pellicule que le Sénégal invite à enrayer dans le cadre multilatéral de renforcement de la coopération économique, politique, diplomatique, sociale, humanitaire et sécuritaire. Cette stratégie complète les efforts réalisés à l’interne à l’instar du Sénégal avec l’agriculture, la micro-finance, les petites et moyennes entreprises, etc. Chef de la délégation sénégalaise, le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, prônant le temps de l’action, a invité, hier à Rabat, les participants à la réunion ministérielle sur les migrations et le développement à « remiser au vestiaire les belles convenances diplomatiques ».RABAT (MAROC) - Un détour par Rabat pour dénouer « l’une des équations majeures des relations internationales en général, et eurafricaines en particulier ». Un détour, avec, bien en évidence, l’hommage à Sa Majesté le Roi Mohamed VI (pour « le courage, la vision et la capacité d’anticipation » dont il a fait montre) et au président de la République, Me Abdoulaye Wade (« il a pris la juste mesure du très complexe phénomène migratoire dans ses multiples dimensions historique, sociale, économique, politique, humanitaire et sécuritaire »). L’Espagne, pour « son approche originale » et la France, « terre éternelle d’expérimentation, de débats d’idées et d’initiatives de promotion des droits humains », co-parrains du sommet de Rabat, ont eu droit aux félicitations du Sénégal. Chef d’une délégation comprenant, outre lui, le ministre de l’Intérieur et des Collectivités locales, Ousmane Ngom, et celui du Plan et du Développement durable, Mamadou Sidibé, Cheikh Tidiane Gadio s’est félicité de la « forte mobilisation des nombreux pays (une soixantaine) et organisations internationales (une dizaine) ». Puis, empruntant au sport son registre langagier, le chef de la diplomatie sénégalaise invite les participants à « remiser aux vestiaires les belles convenances diplomatiques, les esquives politiques et la langue de bois intellectuelle pour enfin oser prendre le taureau par les cornes. » Le challenge n’est pas l’affaire de solistes, engagés dans un slalom diplomatique sans issue. Il est l’affaire de tous les partenaires ! « La réponse au phénomène migratoire contemporain, vous en conviendrez, ne peut être uniquement sécuritaire et répressive. Elle doit être collective, multilatérale et trans-régionale ; elle doit être politique, diplomatique, économique, sociale, humanitaire, en plus d’être sécuritaire. En un mot, elle doit être concertée, multidimensionnelle et surtout humaine », souligne le Dr Gadio.Problématique du progrès économiquePhénomène comparable à la mondialisation dans sa capacité à générer des opportunités, des défis en même temps que des menaces d’exclusion et d’incompréhensions, la migration est fortement liée à la problématique du progrès économique, selon le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères. « Nous sommes conscients que le développement est le principal facteur de stabilisation des flux migratoires et notre préoccupation majeure est de trouver les moyens d’assurer durablement le développement de notre continent si riche, mais appauvri par tant de siècles d’esclavage et de colonisation. Mais un continent qui a décidé de prendre son destin en main en construisant les États-Unis d’Afrique », explique M. Gadio. Esclavage et migration, le parallélisme n’est pas que dans les mots. Il est aussi dans le souvenir des déportations pour faire verdir les plantations d’Amérique. « C’est avec une mémoire douloureuse de l’esclavage et de la déportation de millions d’Africains dans les cales insalubres et meurtrières de la traite négrière que nos pays assistent, parfois impuissants, aux images de la nouvelle tragédie de la traversée de l’Atlantique par nos jeunes, notre force vive, dans des embarcations de fortune. Saurons-nous jamais la vérité sur le sort fait aux Africains à l’époque et sur le destin cruel de ces milliers de jeunes africains qui reposent, momifiés, dans le désert ou annihilés dans les profondeurs de l’immensité océane ? », regrette le chef de la délégation sénégalaise.Initiatives sénégalaises face à la tragédieCheikh Tidiane Gadio en appelle donc à « une lutte sans merci contre les négriers du 21e siècle » conformément à l’option du président de la République pour une « tolérance-zéro contre la migration illégale ». Le ministre d’État souhaite une reconsidération de la problématique du développement durable des pays du Sud sous le prisme de la circulation des personnes dans un monde globalisé, au même titre que la circulation des biens et services, y compris celle des capitaux. Il entrevoit cette conférence comme une occasion « de renforcer ou de lancer, sur le sol africain, de vastes programmes de développement économique susceptibles de « fixer » les populations dans leurs terroirs, d’élargir les bases infrastructurelles du continent, d’y accroître les investissements directs étrangers et la formation ». De telles initiatives sont la parade contre la tragédie humaine qui se joue actuellement. Déjà, le Sénégal s’est attelé à la recherche de solutions, à travers le projet Reva (Retour des jeunes vers l’agriculture), la micro-finance, les fonds de promotion des jeunes et des femmes, les agences de développement des petites et moyennes entreprises, l’encadrement et le financement des fermes agricoles pilotes, les unités de pêche artisanale. L’énumération faite par le ministre d’État, ministre des Affaires étrangères justifie l’appel en faveur d’un « renforcement significatif des instruments financiers existant et leur adaptation aux réalités actuelles par la mise en place de mécanismes plus souples et innovants ».La lutte contre la migration légale pose le problème de la migration légale, aux yeux du ministre d’État, ministre des Affaires étrangères. « Ma conviction personnelle est qu’une migration légale davantage facilitée contribuerait de façon significative à stabiliser les flux migratoires, tant l’effet psychologique qu’il produirait sur les candidats potentiels serait grand. Par contre, l’impression de ne pas avoir la possibilité de visiter les autres pays du monde, pour y mener des activités professionnelles normales ou pour découvrir les autres peuples et s’ouvrir à leurs cultures et civilisations, peut conduire les individus à des comportements regrettables », estime Cheikh Tidiane Gadio. « Les cadres professionnels de tous horizons ainsi que les étudiants ont besoin de séjourner temporairement dans les pays développés pour s’imprégner des innovations organisationnelles et technologiques qui sont les nouveaux moteurs de la croissance économique.Conquérir de nouveaux marchés et attier les investisseursLes hommes d’affaires du Sud, en particulier, doivent aller à la rencontre de nouveaux partenaires pour attirer chez nous des investisseurs, conquérir de nouveaux marchés et trouver des débouchés à nos produits », préconise le ministre. Le refus systématique du visa, selon lui, « est une incitation, peut-être involontaire, à l’exploration des solutions de désespoir ». Cet avis ne remet pas en question la souveraineté des pays d’accueil. Il tient compte, selon le ministre d’État, de « leur capacité d’absorption des migrants » et « des engagements du partenariat ». L’amélioration des conditions de circulation des personnes ne doit pas faire perdre à l’Afrique l’essentiel de ses ressources humaines de qualité. « Il reste entendu, souligne M. Gadio, que l’organisation de la migration légale ne doit pas frayer le chemin à la fuite des cerveaux. Bien au contraire, elle doit être l’occasion pour les parties concernées d’inciter les ressources humaines des pays du Sud à retourner chez elles pour contribuer davantage au développement économique et social de leurs communautés et États. »HABIB DEMBA FALL ( envoyé spécial à Rabat )
www.lesoleil.sn/article.php3?id_article=13804AFP 12 juillet 2006
La réunion de Rabat donne de l'oxygène à l'Espagne et au Maroc
par Pierre AusseillRABAT (AFP) - En consacrant une approche euro-africaine des défis de l'immigration, la Conférence de Rabat a offert une bouée d'oxygène politique à l'Espagne et au Maroc, délicatement empêtrés l'automne dernier dans la crise des enclaves espagnoles de Melilla et Ceuta."C'est un grand succès, la conférence a atteint tous ses objectifs", se félicitait mardi le ministre marocain délégué aux Affaires étrangères et à la Coopération, Taieb Fassi Fihri, juste après l'adoption par les ministres des 57 pays euro-africains représentés d'un "partenariat étroit" et "global".Le Commissaire européen à la Justice, Franco Frattini, relevait lui-même à la fin de conférence, qu'"il y a encore quelques mois, il n'y avait pas encore de consensus en Europe sur la nécessité d'une stratégie migratoire commune".Il aura fallu un électrochoc pour qu'émerge cette prise de conscience: la mort en octobre 2005 de 14 émigrants subsahariens, certains tués par balles, au cours d'assauts désespérés contre une forteresse Europe bouclée par les grillages-frontières de Ceuta et Melilla, au nord du Maroc.Pressé par Madrid de réagir, le Maroc avait employé la manière forte, ses forces de sécurité dispersant des centaines de candidats à l'Eldorado européen aux confins du désert.Alors vertement critiqués pour leur gestion chaotique, Madrid et Rabat avaient lancé un S.O.S en appelant dès octobre à la tenue d'une conférence euro-africaine sur la question.Les deux pays voisins ont patiemment plaidé qu'ils n'étaient que les sas d'accès nord et sud à l'Europe d'une jeunesse subsaharienne fuyant le désespoir de pays rongés par la pauvreté, la sécheresse, les guerres, la corruption.Le Maroc et le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero ont su aussi tirer profit de leurs excellentes relations avec la France pour la persuader d'user de son influence auprès de ses partenaires européens et d'anciennes colonies africaines, dont Paris reste de loin le premier bailleur de fonds, d'adhérer au processus de Rabat.Ce n'est certes pas l'engagement, encore tout théorique, des 57 pays présents à Rabat de répondre ensemble au défi des flux migratoires, en dosant la carotte développement et le bâton sécuritaire, qui règlera la question.Pour le Maroc et l'Espagne, que la géographie a situés sur la ligne de faille des continents le plus pauvre et le plus riche du monde, la Conférence a ouvert un large parapluie qui renvoie tous les acteurs à leurs responsabilités.Mais, dans les faits, l'Espagne aura paradoxalement tiré plus de fruits en quelques mois de ses efforts bilatéraux qu'elle ne peut en espérer dans un avenir proche de la mise en oeuvre du "Plan d'action" adopté à Rabat.Sur l'insistance de Madrid, le Maroc a pris le taureau par les cornes et réduit en 2006 le flux migratoire vers l'Europe de 65%.La quasi-absence d'incidents à Melilla et Ceuta ces derniers mois et le report de la pression migratoire à partir de la Mauritanie et du Sénégal vers l'archipel des Canaries en sont l'éloquente illustration."Ce sont souvent les pays qui coopèrent le plus auxquels on demande toujours de plus coopérer", commentait un haut diplomate espagnol avant la conférence de Rabat pour justifier l'urgence d'impliquer tous les pays impliqués.Madrid a instauré récemment des patrouilles mixtes avec la Mauritanie pour surveiller les départ de ses côtes des "cayucos" des émigrants et lancé une amicale mais intense offensive diplomatique auprès du Sénégal.L'Espagne espère ainsi repousser toujours plus au sud le point de départ des émigrants jusqu'à finalement décourager les mafias de passeurs d'entreprendre une odyssée toujours plus longue et aléatoire.C'est tout bénéfice pour le Maroc, traditionnel pays d'immigration, mais de moins en moins de transit dans les faits.
AFP 11 juillet 2006
"Immigration choisie" : l'Afrique crie au pillage des "cerveaux"
Des responsables africains ont exprimé mardi en marge de la Conférence euro-africaine de Rabat sur l'immigration clandestine leur inquiétude sur le lancement d'une politique d'immigration "choisie" prônée la France et l'Espagne, qui accentuerait selon eux la "fuite des cerveaux".Les pays d'Afrique de l'Ouest et centrale craignent que cette inflexion de la politique européenne d'immigration ne vide leur pays des élites (cadres, médecins, ingénieurs) déjà peu nombreuses et décimées par le sida."Il est évident que ne nous ne pourrons accepter une immigration qui va prendre ce qu'il y a de meilleur chez nous et fermer les portes à tous ceux qui ont des problèmes d'emplois", a déclaré le ministre des Maliens de l'Extérieur, Oumar Dicko."Sur les 4 millions de Maliens à l'étranger, seuls 3% sont en Europe, c'est insignifiant et cette migration (vers l'Europe) doit facilement être absorbée", a ajouté M. Dicko, plaidant pour une ouverture non sélective du marché du travail européen.Le Sénégal, d'accord sur le principe d'une relance de l'immigration du travail en Europe, a aussi exprimé son inquiétude. "L'immigration légale ne doit pas frayer le chemin à une fuite catastrophique de cerveaux" vers le nord, a averti le chef de la diplomatie sénégalaise, Cheick Tidiane Gadio.Les ministres africains présents à Rabat ont semblé peu convaincus par les explications du ministre français de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, qui s'est livré lundi à une défense en règle de la nouvelle loi française sur l'immigration adoptée le 30 juin."L'expression immigration +choisie+ a été parfois mal comprise ou caricaturée. Il n'a jamais été question pour moi d'organiser une sélection unilatérale des migrants sur la base de leur diplôme", assurait M. Sarkozy."L'immigration, dans mon esprit, doit être choisie par le pays de destination comme par le pays d'origine. Elle doit résulter d'un accord de volonté entre le pays de départ et le pays d'arrivée", avait ajouté M. Sarkozy, deux mois après deux visites empoisonnées par ce thème au Mali et au Bénin.M. Sarkozy répondait indirectement à Rabat au président sénégalais Abdoulaye Wade, premier à s'être opposé à la loi française de l'immigration "choisie" plutôt que "subie", qui durcit les conditions d'entrée et de séjour en France."Ce n'est pas honnête de dire immigration choisie ou pas choisie (...) Ils vont choisir des cadres formés, c'est-à-dire des intellectuels, des ingénieurs, des médecins", avait-il dénoncé en juin.L'Algérie, qui a boudé la conférence de Rabat en raison de ses contentieux avec le Maroc, a accusé l'Europe d'encourager une exode massif des Africains professionnellement qualifiés.Ces exodes "drainent près de 80.000 personnes par an, dont 23.000 diplômés universitaire et sont aujourd'hui une cause plutôt qu'une conséquence du sous-développement", a récemment affirmé le ministre algérien des Affaires étrangères Mohamed Bedjaoui.La Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (Cedeao) dont la plupart des quinze pays membres forment un important vivier de candidats à l'Eldorado européen, se démarquent également de l'approche européenne."Le problème de la fuite des cerveaux est crucial car la Cedeao aura besoin de chacun de ses experts pour soutenir le développement en Afrique", a souligné à Rabat son secrétaire exécutif, Mohamed Ibn Chambas.Ce responsable a réclamé qu'un partenariat euro-africain "incite au retour" des élites africaines immigrées, leur proposant "systématiquement" des programmes de soutien à des initiatives génératrices d'emplois dans leurs pays.
"le Messager", 11 juillet 2006
Le Sénégal remonte publiquement les bretelles à la France
par Thierry Ndong à Rabat Le ministre des affaires étrangères du Sénégal a fait un rappel à l’ordre au ministre français de l’Intérieur hier à Rabat pendant le débat général, à l’occasion de l’ouverture de la Conférence euro-africaine sur l’immigration clandestine.On l’attendait. Il est venu. Nicolas Sarkozy est resté égal à lui-même à la Conférence de Rabat. Imbu de sa propre personne. Le verbe haut. Le propos impertinent et irrespectueux. Le complexe de supériorité affiché. Et toujours des leçons à donner. Malgré le retard (environ une heure de temps) accusé par rapport au début des travaux, le ministre français de l’Intérieur et de l’aménagement du territoire n’a pas véritablement pris le temps d’écouter les autres. Il prend la parole à la tribune de la Conférence. Pour délivrer sa vision (et ses solutions) en vue de lutter efficacement contre l’immigration clandestine. “ Je souscris sans réserve à la vision globale de la politique d’immigration, qui est le principe fondateur de la Conférence de Rabat ”, explique en substance Nicolas Sarkozy. Pour lui, c’est “ une démarche profondément novatrice qui ouvre une ère nouvelle dans la gestion des flux migratoires ”. Et de poursuivre : “ La mise en place d’un plan pragmatique représente une étape essentielle dans la voie d’une gestion concertée de l’immigration. Ce plan comporte des mesures de bon sens dont l’objectif est d’améliorer la gestion des flux migratoires entre l’Afrique et l’Europe. Je pense en particulier à la création de l’observatoire euro-africain des migrations, aux mesures destinées à favoriser le co- développement, à faciliter l’accès des étudiants africains aux universités européennes, à promouvoir des accords de réadmission pour lutter contre l’immigration illégale ”.Avant cette sortie, Nicolas Sarkozy n’est pas seulement positif. Taquin sur les bords, il règle quelques comptes non soldés. “ Il faut écarter une fois pour toute les deux dogmes qui n’en finissent pas de polluer le débat sur l’immigration. L’immigration zéro est un mythe dangereux…Je n’accepte pas non plus le discours extrémiste des partisans de l’immigration sans limite ! L’Europe ne peut pas recevoir tous ceux qui voient en elle un eldorado… Il est grand temps que l’Europe et l’Afrique unissent leurs forces pour éradiquer cet odieux trafic, version contemporaine de l’esclavagisme ”.RépliqueLa réaction à ces (derniers) propos de Nicolas Sarkozy suscite immédiatement une levée de bouclier du côté sénégalais. Cheikh Tidiane Gadio, contre toute attente, monte au créneau pour faire des remarques sur l’intervention de Nicolas Sarkozy. Le chef de la délégation sénégalaise à la Conférence à Rabat, bien qu’ayant déjà délivré son allocution dans le cadre de la cérémonie d’ouverture de la Conférence euro-africaine de la capitale marocaine, tient à faire certaines précisions en rapport avec les propos du ministre français. “ Je ne voudrais pas que cette Conférence se transforme en débat franco-sénégalais, souligne d’emblée le ministre des Affaires étrangères du Sénégal. Nous avons des divergences connues. Nicolas Sarkozy a présenté le concept d’immigration choisie. C’est son droit… Nous avons également le droit de refuser ce concept ”. Cheikh Tidiane Gadio critique la compréhension que le ministre français a de la vision du président Abdoulaye Wade en matière d’immigration illégale. “ Le président Wade n’a jamais prôné l’immigration zéro. Il est en faveur d’une politique de tolérance zéro en ce qui concerne l’immigration clandestine ”, explique le patron de la diplomatie sénégalaise. Sans détour, Cheikh Tidiane Gadio fait des remarques sur “ le ton et le contenu du discours de Nicolas Sarkozy ”. Aux noms de son pays et des autres pays africains, Cheikh Tidiane Gadio déclare solennellement : “ c’est un sentiment et une fierté partagés par tous ; nos pays n’acceptent pas qu’on leur donne des leçons. Avec une seule nuance pour le Sénégal, nous acceptons les leçons positives des autres pays. Nous voulons apprendre de ces pays… Ce que nous n’acceptons pas, c’est des donneurs de leçons… Nous voulons garder sur certaines questions notre libre droit à exprimer et partager nos idées… Nous sommes venus ici participer à une recherche des solutions. Sinon, nous ne serions pas venus à Rabat. Nous sommes venus dialoguer sans a priori. Nous sommes pour une concertation permanente. Nous sommes pour une gestion concertée du phénomène migratoire… Comme Sarkozy, nous pensons que tout le monde est perdant en matière d’immigration clandestine. Aussi, sommes-nous prêts à aller au fond du problème, sans langue de bois, mais dans un esprit où chacun est dans les meilleures dispositions pour recevoir la vérité ou les opinions émises par les autres ”. Et de finir “ en espérant de tout cœur que le dialogue franco-sénégalais se fera dans le cadre d’un accord en cours entre la France et le Sénégal, [pour] que cette Conférence ne se transforme en lieu d’arbitrage de ce dialogue ”. A bon entendeur…
"le Courrier international" (revue de presse), 11 juillet 2006
Concours de belles paroles euro-africaines à Rabat
"Développer l'Afrique" pour "mieux maîtriser l'immigration", sans pour autant "encourager la fuite des cerveaux"... Le premier sommet euro-africain sur l'immigration s'est donné des objectifs louables. Mais il suscite quelques commentaires désabusés dans la presse des pays concernés.Toute la difficulté consiste à trouver l'équilibre. Entre la lutte contre l'immigration clandestine et la gestion d'arrivées légales. Entre la sécurité des clandestins et des pays de destination et le développement des Etats d'origine. Entre une Europe qui ne peut se laisser "déborder par une immigration incontrôlée" et une Afrique "qui ne souhaite pas la fuite de ses élites", a résumé le chef de la diplomatie espagnole, Miguel Angel Moratinos, cité par La Libre Belgique.Le quotidien marocain L'Economiste est tout fier d'annoncer que les 10 et 11 juillet, "Rabat abrite la conférence euro-africaine sur la migration et le développement. Une soixantaine de pays et d'organisations d'Europe et d'Afrique ont fait le déplacement pour participer à cette initiative hispano-marocaine à l'origine, soutenue par la France et l'Union européenne. C'est la première fois que ministres européens et africains - représentant les pays d'origine, de transit et de destination - se mettent autour d'une même table pour débattre de migration", relève La Libre Belgique.Aujourd'hui le Maroc rappelle que cette conférence "répond au SOS lancé en octobre 2005 par le Maroc et l'Espagne, alors submergés par des assauts de clandestins africains sur les grillages des frontières des enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, dans le nord du Maroc. Quatorze personnes avaient péri dans ces assauts. Le verrouillage policier ultérieur de cette unique frontière terrestre entre l'Afrique et l'Europe n'a fait que déplacer la pression vers l'archipel des Canaries, où plus de 10 000 émigrants africains partis de Mauritanie ou du Sénégal ont déferlé depuis janvier à bord de barques de fortune. Des centaines ont péri noyés."Le Soleil cite avec beaucoup de révérence l'intervention du chef de la délégation sénégalaise, le ministre des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio. "Une migration légale davantage facilitée contribuerait de façon significative à stabiliser les flux migratoires. L'impression de ne pas avoir la possibilité de visiter les autres pays du monde peut conduire les individus à des comportements regrettables. Les cadres professionnels de tous horizons ainsi que les étudiants ont besoin de séjourner temporairement dans les pays développés pour s'imprégner des innovations organisationnelles et technologiques qui sont les nouveaux moteurs de la croissance économique. Les hommes d'affaires du Sud, en particulier, doivent aller à la rencontre de nouveaux partenaires pour attirer chez nous des investisseurs, conquérir de nouveaux marchés et trouver des débouchés à nos produits. Le refus systématique du visa est une incitation, peut-être involontaire, à l'exploration des solutions de désespoir. Mais il reste entendu que l'organisation de la migration légale ne doit pas frayer le chemin à la fuite des cerveaux." Ce dernier point ne sera pas facile à obtenir. "Selon les estimations avancées en marge de la conférence, ils sont 4 millions d'Africains ayant des diplômes d'enseignement supérieur et ayant choisi de vivre en Europe", souligne L'Economiste.Dans le quotidien espagnol El Mundo, Franco Frattini, vice-président de la Commission européenne, semble répondre au ministre sénégalais. "L'Europe doit impérativement mettre en place des mécanismes pour contrôler globalement au niveau européen les conditions d'entrée des immigrants." Citée par le quotidien anglais The Times, sa collègue Benita Ferrero-Waldner, commissaire européenne aux Affaires extérieures, reconnaît que "l'Union ne peut plus ignorer les causes premières des mouvements de population, à savoir la pauvreté et l'insécurité".Rappelant que "la Convention des Nations unies sur les migrants n'a été ratifiée par personne", L'Economiste estime que l'originalité de la conférence sera "d'enfin lier l'émigration au développement. Si les conditions de vie sont meilleures en Afrique, la tentation d'immigrer illégalement sera moins forte." Et Aujourd'hui le Maroc de se réjouir que "la Conférence de Rabat doit déboucher sur l'adoption d'une déclaration politique et d'un plan d'action conjuguant pour la première fois des mesures de contrôle des 'routes de l'immigration' clandestine, de développement et co-développement, et d'organisation de l'immigration légale".Le quotidien espagnol ABC vient toutefois troubler cette belle unanimité. "Pour l'instant, ni les pays africains, ni les pays européens n'ont fait émerger autre chose que les idées classiques toujours rabâchées, répétant sans relâche les mêmes propos lénifiants. Les Africains se félicitent que ce sommet établisse un lien officiel entre le développement et l'émigration, et ils en profitent pour réclamer plus d'aide. Il faut pourtant sortir de ce schéma d'aide financière dont on sait qu'elle ne profite qu'aux dirigeants responsables du désastre qu'est aujourd'hui l'Afrique. Pendant que ceux-là s'enrichissent et que les ministres discutent à Rabat, des dizaines de milliers d'Africains attendent qu'on finisse de construire les barques sur lesquelles ils placent toutes leurs espérances futures."Dans The Times, un officiel, Georg Lennkh, envoyé spécial de l'Autriche pour l'Afrique et ancien ambassadeur, émet lui aussi des doutes sur les résultats prévus du sommet de Rabat. "En Afrique, 80 % de la jeunesse est au chômage et cela constitue une vraie bombe sociale. Les dirigeants africains n'ont aucun intérêt à garder ces jeunes chez eux, il vaut mieux pour eux les laisser partir."Eric Glover
"the Times", 11 juillet 2006
Looking to halt the tide from the sea
by Anthony BrowneA high-level conference in Morocco will try to curb illegal migration and tackle its causesEUROPE faces disaster if Africa’s desperate youth is not given an alternative to seeking work in the North, the first Afro-European conference aimed at curbing illegal migration and its causes heard yesterday.As the number of migrants landing on European shores continues to escalate, interior and foreign ministers from nearly 60 African and European nations met in Morocco to discuss measures aimed at curbing illegal migration and the causes of it.The issue has become political dynamite in southern Europe as tens of thousands of illegal immigrants try to get into the EU across the Strait of Gibraltar by crossing the barriers of the Spanish enclaves of Ceuta and Melilla in North Africa, or taking rickety boats to the islands of Lampedusa and Malta. The journey is often perilous, with one estimate suggesting 10,000 people have died trying to make the crossing in the past decade. A similar number of Africans have been intercepted in the Canary Islands so far this year, more than in the whole of 2005.Europe’s traditional response has been to get tough, building higher barriers and launching ever more sea patrols. But critics claim that this is not stemming the flow, but provoking migrants into taking more dangerous routes. Recently, some have been trying to reach the Canaries from Senegal, a voyage of more than 600 miles.“We never took the right decisions and always opted for security solutions and now we are seeing the perverse effects,” said Muhammad Khachani, head of the Moroccan migration research group AMERM.European and African leaders attending the conference are looking at ways of improving the prospects for young Africans so that they do not feel the need to emigrate.Benita Ferrero Waldner, the EU External Affairs Commissioner, said: “We cannot ignore the primary causes for the population movements which are poverty and insecurity.”In a message to the conference, President Chirac said: “Let us offer Africa’s youth a future of dignity. Then it will not risk resorting to violence and extremism, or choosing, en masse, the paths of exile.” Immigration has become a particularly sensitive issue in France after youths of north African origin spent nights rioting in suburbs across the country.Nicolas Sarkozy, the interior minister, immediately tightened controls, resulting in angry protests against him across West Africa. He took a more conciliatory tone yesterday. “How can we restore confidence of Africa’s youth and persuade them that there is a future beyond migration?” he asked.“Our destinies are tied: Africa’s failure today would be Europe’s disaster tomorrow.”Taieb Fassi Fihri, the Deputy Foreign Minister of Morocco, which is hosting the assembly, said: “We have to fight clandestine immigration by attacking its roots which are poverty, plague, drought, armed conflict and insecurity.”Some European officials said, however, that many African governments struggling with social problems would prefer migration to continue. Georg Lennkh, the Austrian special envoy for Africa, said: “Eighty per cent youth unemployment is a social bomb. They don’t have an interest in keeping people there, they would rather let them go.”
8 juin 2006
L'odyssée clandestine des jeunes émigrés est "une sorte de djihad économique"
Depuis quelques semaines, des pirogues remplies de "boat people africains" quittent Dakar à destination de l'Europe. Selon Barka Ba, journaliste à L'Espace nouveau, "les candidats à l'immigration clandestine sont considérés comme des héros au Sénégal".COURRIER INTERNATIONAL Pourquoi des Dakarois des quartiers populaires ont-ils décidé brusquement d'embarquer dans des pirogues qui remontent la côte atlantique jusqu'aux Canaries ?BARKA BA Il faut d'abord comprendre que l'émigration est un phénomène ancien au Sénégal. Sans remonter trop loin dans le temps, dans les années 1960 déjà, il y avait une vague d'immigration massive vers les pays de l'Afrique centrale, principalement le Zaïre, où des émigrés, avec une folle témérité et au péril de leur vie, ont réussi dans le commerce du diamant et sont rentrés au pays auréolés de gloire. Dans les années 1970, l'immigration s'est déplacée en Europe et ne s'est depuis lors jamais arrêtée, et c'est à partir de ce moment que s'est construite la représentation fantasmée et fantasmatique d'un Occident pays de Cocagne où il suffit de se baisser pour ramasser l'argent. Il s'agit d'un mythe puissant pour les jeunes. Après le drame de Melilla et la fermeture quasi hermétique des traditionnelles voies de passage marocaines, les jeunes Dakarois ont trouvé la solution des pirogues de fortune ralliant les îles Canaries dans une folle équipée qui se termine souvent, hélas, par des tragédies indicibles.Comment expliquer qu'ils prennent de tels risques ? Comment réagissent leurs familles ?Au Sénégal, l'immigré qui réussit en Occident a un immense prestige social. C'est une sorte de "condottiere" des Temps modernes qui, contre vents et marée, a réussi à forcer la main au destin dans un continent perçu par tous comme irrémédiablement perdu et qui n'offre aucune alternative. L'immigré, c'est celui qui a réussi à faire un bras d'honneur à un quotidien médiocre et insupportable, et qui revient au pays au volant d'une grosse cylindrée et se fait construire une superbe villa dans un pays entré de plain-pied dans la société de consommation, de la frime et du tape-à-l'œil. De plus, ces jeunes conçoivent leur odyssée comme une sorte de "djihad économique" et ils se sentent investis d'une mission de sacrifice pour la collectivité afin de sortir leurs parents de la pauvreté. De ce fait, ceux qui meurent au cours de ce périple sont perçus comme des martyrs, des kamikazes héroïques qui ont préféré tenter leur chance plutôt que se résigner à la fatalité. A cela s'ajoutent une vision catastrophique du continent africain et une désespérance sociale telle que ces damnés de la terre devenus des damnés de la mer sont persuadés que la seule solution se trouve en Occident, miroir aux alouettes.Comment expliquer que le gouvernement réagisse aussi brutalement et annonce son intention d'emprisonner les candidats à l'émigration clandestine ?A vrai dire, le gouvernement a été pris de court par le phénomènes des pirogues. Il y a eu une sorte de flottement au sommet de l'Etat sur la réaction à adopter devant un problème très complexe. A partir du moment où il y a eu une forte médiatisation sur l'affaire des pirogues dans la presse internationale et locale, ainsi que des pressions des pays de l'Union européenne, le gouvernement a réagi par des mesures draconiennes et parfois disproportionnées contre les clandestins. En même temps, cette répression est un aveu de l'impéritie et de l'incurie des pouvoirs publics, de leur incapacité à trouver une solution au chômage des jeunes. Beaucoup d'entre eux sont déçus par l'alternance [le président Abdoulaye Wade est arrivé au pouvoir en 2000 ; sa victoire à la présidentielle mettait un terme à quarante ans de règne du Parti socialiste], à laquelle ils avaient pourtant pris une part décisive. Pour autant, le gouvernement sénégalais, soucieux de son image mais se trouvant dans une posture assez inconfortable, a vivement protesté auprès des autorités espagnoles contre les conditions humiliantes dans lesquelles les jeunes Sénégalais sont parfois rapatriés. Il y a de ce fait une sorte de double discours des autorités, qui ne veulent pas s'aliéner une partie de leur jeunesse à quelques encablures des prochaines élections ni être taxées de laxisme par l'UE. Car le Sénégal reste très dépendant de l'aide internationale.Propos recueillis par Pierre Cherruau et Gina Milonga Valot
"le Messager" (Cameroun), 12 juillet 2006
Immigration clandestine : l’“esprit de Rabat” pour exorciser le phénomène
par Thierry Ndong à RabatLa Conférence euro-africaine sur la migration et le développement s’est achevée hier dans la capitale marocaine. Avec pour acquis une déclaration et un plan d’actions. L’absence d’un chronogramme d’exécution laisse craindre une énième conférence pour rien.Les amateurs de chiffres et dates seront déçus par les conclusions de la première Conférence euro-africaine sur la migration et le développement. Les participants à cette rencontre n’ont pas travaillé à la mobilisation immédiate des moyens nécessaires à la mise en œuvre du plan d’action en faveur de la migration et du développement en Afrique. La Conférence de Rabat n’a pas non plus arrêté un calendrier d’exécution de son plan d’action. Ce qui peut laisser croire à une conférence pour rien. Que non, répondent les promoteurs de la rencontre. Au cours de la conférence de presse de clôture de la conférence donnée hier a Rabat, le ministre marocain des Affaires étrangères et de la coopération s'est félicité du succès de cette rencontre. Pour Mohamed Benaissa, la Conférence de Rabat a atteint tous les objectifs fixés au départ. “ Tous les participants, pour la première fois, admettent que les questions migratoires ne peuvent être gérées de manière unilatérale ou unidimensionnelle… La conférence a [par conséquent] permis de concilier les impératifs et les contraintes des uns et des autres ”, s’est-il en substance réjoui.Toutes les parties participant à la conférence expriment également leur satisfaction par rapport aux résultats des travaux. Le ministre sénégalais de l’Intérieur et des collectivités locales parle “ d’un pas très important à Rabat ”. Ousmane Ngom salue en effet l’approche globale dans la stratégie de lutte contre l’immigration clandestine. Une approche assise sur le triangle développement – mobilité des migrants – lutte contre l’immigration illégale. “ Chaque branche du triangle aura désormais une égale attention ”, révèle le ministre sénégalais. Cette façon d’appréhender le phénomène de l’immigration irrégulière résume ce que les participants et les organisateurs de la rencontre appellent désormais “ l’Esprit de Rabat ”.Nouveaux accords de deuxième générationRabat 1, première étape d’un long processus à en croire les participants, a décliné une feuille de route pour démarrer le travail. Le plan d’action de la première conférence euro-africaine sur la migration et le développement est étalé sur six points. Le premier point porte sur la migration et le développement. Il y est notamment question de la promotion du développement, de la mise en place d’instruments financiers favorisant le co-développement, de la valorisation des connaissances et du savoir-faire, du développement des partenariats scientifiques, et, du renforcement de la coopération en matière de formation.Le plan d’action de la Conférence de Rabat traite en deuxième lieu de la migration légale. Ici, les actions s’organisent d’une part dans l’établissement des programmes de coopération en matière de gestion de l’immigration légale, et d’autre part, dans l’adoption des mesures facilitant la circulation des travailleurs et des personnes. La troisième préoccupation du plan d’action de Rabat 1 est relative à l’immigration clandestine. La coopération dans la lutte contre l’immigration irrégulière et le renforcement de la capacité de contrôle des frontières nationales des pays de transit ou de départ donnent une idée concrète du déploiement envisagé par les pays réunis dans la capitale marocaine. Le quatrième point de la feuille de route arrêtée à Rabat porte sur la coopération opérationnelle policière et judiciaire et aide aux victimes. La mise en place de mécanisme de financements appropriés n’est pas en reste. Concernant ce point du plan d’action, la Conférence de Rabat suggère “ une meilleure cohérence de tous les instruments de coopération et l’augmentation des différents soutiens financiers ”.Le plan d’action aborde enfin l’aspect lié au cadre et suivi institutionnel de Rabat 1. A ce sujet, la partie espagnole insiste sur la mise en place d’une “ task force politique et opérationnelle pour faire le monitoring de l’action à mettre en œuvre ”. Ce serait une “ sorte d’engagement politique permanent, indiquent les Espagnols qui précisent qu’il faut rester mobilisés car nous seront jugés aux résultats ”.
AP 11 juillet 2006
Africans, Europeans Release Migration Plan
by JOHN THORNE RABAT, Morocco (AP) -- Delegates from 58 countries promised Tuesday to combine tougher immigration enforcement with more aid for Africans to help stem a rising tide of illegal migration to Europe.The plan released by African and European delegates at the end of a two-day meeting on immigration includes proposals for short-term work visas, grants to migrants in Europe to start businesses back home and funding for job creation in regions with high emigration.It proposes international cooperation on enforcement of immigration laws, along with making it easier for legal migrants to Europe to send money home to Africa, stimulating the local economy.The plan is non-binding, vague on funding and it wasn't clear how much of the plan would ever be enacted - weaknesses that prompted European Union Justice and Home Affairs Commissioner France Frattini to call for a task force to monitor whether countries follow through.And the plan is conspicuously silent on corruption in Africa.Belgian Cooperation Minister Armand de Decker said in an interview that Africa's biggest problem is "bad African governance" leading to the misuse or theft of aid money. Many measures listed in the action plan - from academic exchanges to simple cash handouts - involve government oversight."Good governance must become the obsession of Africans," he said.Decker said European diplomats regularly press African governments to clean up their acts, "but if we do it in public they get offended." EU officials say migrants have been undaunted by the risks of crossing or by tightened border controls in Europe.Officials cited examples earlier in the meeing, saying more than 10,000 people have arrived in Spain's Canary Islands off the northwest coast of Africa since the beginning of 2006 - already more than twice as many as in 2005.In an apparent sign of concern over the problem, some European delegates proposed projects that largely sidestepped African governments.France, a major destination for migrants, dangled the idea of small loans to encourage Africans to stay home and start businesses.The migrants' swelling numbers, as well as the high death rate for crossings to Europe, prompted the search for solutions broader than just tough enforcement.Separately, in Brussels, Belgium, the European Commission proposed a $3.8 billion fund to promote good governance in Africa, as part of efforts to find solutions to global poverty at the upcoming Group of Eight summit of major economic powers.The European Union's executive office said the new fund for Africa should be used to encourage reform and should be distributed in addition to regular aid to those countries taking steps to improve governance.